Producteur de lait à Livré-sur-Changeon (521 000 litres de quota), installé en Gaec depuis 1991 avec son père puis avec son cousin, Gilbert Cochet est passionné de sports mécaniques. A l’automne 2009, lorsque son épouse, restauratrice à Thorigné-Fouillard, près de Rennes (Le Café Gourmand), lui apprend que l’un de ses clients cherche un coéquipier pour participer au Raid Tunisia 2010, Gilbert Cochet n’hésite pas une seconde.
Dès la première rencontre avec son futur coéquipier, le courant passe entre les deux hommes qui partagent une même passion pour les sports mécaniques. En quelques semaines, Gilbert Cochet, qui sera remplacé par son cousin pour gérer l’exploitation durant son absence, apprend à lire un Road Book et se familiarise avec la conduite un peu spéciale d’une «Deuche».
A l’occasion de ce long périple organisé par Norev (Noyal organisation raid évasion), la célèbre voiture populaire française, la 2 CV Citroën, s’offre ainsi une deuxième jeunesse. Pour les 91 participants au départ à Noyal-sur-Vilaine, le 6 mai dernier, c’est aussi l’assurance d’une formidable aventure de 6 000 kilomètres de Noyal à Tataouine dans le Sud Tunisien, via Gènes en Italie et retour. Seize étapes plus surprenantes les unes que les autres à travers les sentiers montagneux, les pistes rocailleuses et le sable.
Au volant de leur fourgonnette 2 CV qui a déjà fait des milliers de kilomètres en trente ans de service, Gilbert Cochet et son coéquipier «Banette» (ainsi surnommé par ses collègues de travail du temps où il vendait de la farine) ne sont pas prêts d’oublier cette journée du 13 mai entre Kebili et Tataouine où ils ont essuyé, quatre heures durant, une forte tempête de sable.
"Tempête, casse, panne d'essence, ensablement, ça fait beaucoup en quelques heures"
« Dans cette région du Sud Tunisien, lorsque le vent se lève, la température grimpe de 20° en quelques minutes. A l’intérieur de la voiture, la température dépasse largement les 50° et pas question d’ouvrir les fenêtres avec ce sable très fin qui s’incruste partout. Faute de clim, le véhicule devient rapidement un vrai sauna et on ne peut rien faire d’autre qu’attendre. »
Même frayeur lorsque le ventilo de la fourgonnette explose en heurtant une dune et que le véhicule tombe en panne d’essence pour cause de mauvaise qualité. « Ventilo explosé, panne d’essence, ensablement… ça fait beaucoup en quelques heures », reconnaît Gilbert Cochet tout en rendant hommage à l’organisation ainsi qu’au service d’assistance, très sollicité et toujours présent quand il le fallait. « Sur les 91 véhicules au départ, une quinzaine de moteurs ont rendu l’âme, sans compter les châssis pliés dans les dunes et les pneus crevés sur les pistes caillouteuses. »
Acclamé comme un champion par sa famille et ses amis à son retour à Noyal-sur-Vilaine le 23 mai, le copilote de la 2 CV n° 45 n’est pas prêt d’oublier l’aventure. « C’était une première pour moi,confie Gilbert Cochet, la tête pleine de souvenirs.C’est une formidable expérience et je dois dire que je suis vacciné, dans le bon sens du terme. » Autrement dit, prêt à repartir dès que l’occasion se présentera.
Les 91 concurrents en route vers Tunis.
Au milieu du gué ou plutôt de l'oued.
Gilbert Cochet (à gauche) et son coéquipier Banette n'auront pas été les seuls à souffrir de la chaleur.