SPECIALISTE DE LA NUTRITION ANIMALE
"La sécurité alimentaire commence
Selon Réseau Ferré de France (RFF) : «plusieurs dizaines de milliers de traverses par an sont volées et utilisées pour aménager les jardins, terrasses… Elles servent également comme charbon de bois dans les cheminées, voire dans les barbecues !» Or, ces traverses sont très dangereuses car elles ont été traitées à la créosote, un produit cancérogène destiné à tuer toute végétation.
A l’usine de Saint-Aaron se trouvait un stock de traverses retirées des voies ferrées lors de précédents chantiers. Il s’agit de vieilles traverses abîmées, généralement fendillées au niveau des points de fixation. «Il n’y a pas d’obligation à remplacer les traverses, précise Daniel Bellande, responsable des silos céréales, mais pour celles qui le sont, il y a obligation de les éliminer selon une procédure.»
Les traverses usagées sont triées, broyées très finement et brûlées dans les fours spéciaux d’une usine de traitement des déchets située dans l’Est de la France. «Mais avant de les expédier, il aura fallu s’assurer qu’aucun caillou n’est collé aux morceaux de bois et leur avoir retiré toute pièce métallique tels que les cerclages.» Et pour s’en débarrasser, il en coûtera 500 euros la tonne à l’entreprise.
Une charte, qui répond aux engagements du Grenelle Environnement, a été signée le 15 juillet 2010 par le Ministre de l’Écologie. Elle permet de mieux suivre la traçabilité des bois toxiques et d’éviter leur recyclage par les particuliers ou des entreprises. «Pour permettre cette traçabilité, nous devons remplir un bordereau de suivi de déchets industriels lors de l’enlèvement des traverses», note Daniel Bellande.
Les traverses deviennent des déchets quand elles sont cédées à un tiers pour un autre usage ou pour abandon. En France, céder une telle traverse, sans s’acquitter des obligations imposées par le code de l’environnement et des règlements pris pour son application, est un acte constitutif de l’abandon, susceptible de poursuites. L’élimination des déchets comporte les opérations de collecte, transport, stockage, tri et traitement (…). Pour tout dépôt, abandon ou le fait de faire déposer des déchets à tout autre que l’exploitant d’une installation agréée sans fournir à l’administration certaines informations, sont prévues des peines pouvant atteindre deux ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende.
Régine Kéruzoret
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Les vapeurs émanant des traverses particulièrement toxiques
C’est une pièce posée en travers de la voie, sous les rails, pour en maintenir l’écartement et l’inclinaison. Dans une très grande proportion, elles sont en bois car cette matière est appréciée pour sa résistance et sa flexibilité et pour sa facilité de mise en œuvre. Cependant, il est putrescible et pour y remédier, le bois doit être imprégné, sous pression, d’un pesticide (insecticide et fongicide), la créosote de goudron de houille. Une traverse a une durée de vie entre 20 et 30 ans. Pendant toute cette période, elle évacue, dans l’environnement, environ un tiers des 15 kg d’huile de goudron dont elle a été imprégnée. D’après une étude de l’EMPA, ce sont surtout les éléments peu volatils qui demeurent dans les traverses. L’huile de goudron est composée jusqu’à 85 % d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Les HAP sont peu dégradables, s’accumulent dans les êtres vivants et sont toxiques pour les organismes aquatiques. Certains d’entre eux, comme le benzo (a) pyrène, peuvent provoquer des cancers. Le contact cutané avec la créosote est extrêmement déconseillé. Et les vapeurs qu’il émet quand il fait chaud sont particulièrement toxiques. Depuis 2003, en France, un décret inclut clairement les traverses en bois imprégnées à la créosote dans la catégorie des «déchets dangereux» notamment en raison du caractère cancérogène de molécules présentes dans la créosote. |
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Le saviez-vous ?
Le travelage, c’est-à-dire le nombre de traverses au kilomètre, est variable. En France, sur le réseau SNCF/RFF, il est généralement de 1 666 traverses/km. Une traverse pèse environ 80 kg. Chaque année, 80 000 tonnes de bois traités usagés et toxiques (poteaux électriques, téléphoniques, traverses voies ferrées) sont retirées des réseaux d’infrastructures de divers opérateurs. |