SPECIALISTE DE LA NUTRITION ANIMALE
"La sécurité alimentaire commence
Après plusieurs années d’activité en monoproduction, des aviculteurs voient parfois leurs performances se dégrader. Ce phénomène, lié au microbisme du poulailler et de son environnement, occasionne des coûts supplémentaires, allant même parfois jusqu’à mettre en péril la pérennité de l’élevage. Pour s’affranchir de ce problème, une alternative : la pintade ! Rompre le cycle de production offre des avantages notables, comme en témoigne Andrée Ménager, avicultrice à Vitré (35).
À l’issue de 18 années d’exploitation sans souci sanitaire, Andrée Ménager a dû faire face à une dégradation des performances techniques qui mettait son élevage en péril. Cette baisse de performances pouvait s’expliquer par plusieurs facteurs. Pourtant, rien de flagrant ne venait infirmer, ou confirmer, telle ou telle hypothèse. «Mise à part la baisse du poids moyen, les poulets ne montraient pas de signes de mauvaise santé», indique l’agricultrice. Néanmoins, avec un pourcentage de saisies à l’abattoir et un indice de consommation en hausse, elle devait réagir sans tarder : «je me posais sérieusement la question d’arrêter. J’étais prête à baisser les bras…», confie-t-elle.
Une analyse de laboratoire a permis de diagnostiquer un passage de virus Gumboro dans le poulailler. «Nous avons naturellement mis en place un programme de vaccination à l’aide d’un vaccin vivant, témoigne Pascal Vicaud, technicien avicole au Gouessant. Sans grand succès, commente-t-il. Nous avons alors proposé à Andrée de casser le microbisme ambiant en élevant un lot de pintades. Cette fois, les résultats ont été au rendez-vous !» Les lots de poulets suivant le lot de pintades ont directement renoué avec les performances (voir tableau).
«Au départ, lorsque cette solution m’a été proposée, j’étais inquiète. C’était une expérience nouvelle pour moi. Je n’avais jamais élevé de pintades», raconte la chef d’exploitation. Le suivi technique et sanitaire a été effectué par l’équipe avicole du Gouessant, avec une visite hebdomadaire tout au long de l’élevage du lot de pintades. «L’équipe technique et vétérinaire venait s’assurer que tout allait bien. Sa présence m’a réconfortée durant cette période de transition.»
Aujourd’hui, Andrée Ménager a oublié ses appréhensions. Elle s’avoue «satisfaite du résultat. Je retrouve les conditions sanitaires et la motivation que j’avais auparavant. Je serais prête à renouveler l’expérience», déclare-t-elle.
Philippe Paugam
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