SPECIALISTE DE LA NUTRITION ANIMALE
"La sécurité alimentaire commence
«Pour progresser, il faut savoir entendre certains messages et se remettre en cause», estime Jacques Favrel. Cette tactique a réussi à l’ancien gendarme qui exploite, avec son épouse Virginie, 2 400 m2 de bâtiments en dindes et poulets dérobés à Plouguiel (22).
Pointilleux, Jacques Favrel l’était dans son premier métier : gendarme au sein du régiment de cavalerie de la garde républicaine. La monture et son cavalier devaient être irréprochables pour remonter les Champs Elysées lors du défilé du 14 juillet. Il met aujourd’hui cette rigueur au service du second métier qu’il a épousé en 1998 : aviculteur. Comme il l’indique avec autodérision : «je suis resté dans le poulet !».
Les deux bâtiments, de type Britannia sur sol bétonné, accueillent aujourd’hui une production de dindes et de poulets dérobée* «qui permet d’optimiser l’occupation des bâtiments.»
Jacques et Virginie, qui avaient au départ démarré en poulets, ont découvert l’élevage de dindes à la faveur «de pépins sanitaires causés par la maladie de Gumboro. Nous nous sommes lancés en dindes pour casser le microbisme. Cette production nous a plu. Mais, au fil des lots, les résultats plafonnaient. Nous avons cherché à savoir pourquoi.» Les éleveurs ont d’abord entrepris de s’équiper avec du matériel spécifique pour l’élevage de dindes. Puis, ils ont ajouté, sur les conseils de Mireille Le Brigant leur technicienne, une ligne d’abreuvement supplémentaire pour favoriser la consommation d’eau des dindonneaux.
«Nous avons également travaillé sur la maîtrise de la qualité de la litière, en rajoutant des copeaux de bois systématiquement tous les jours, même si, visuellement, cela ne paraissant pas vraiment nécessaire.»
Ce confort supplémentaire procuré aux dindonneaux, particulièrement fragiles lors de la phase de démarrage, a permis de réduire la pression microbienne, de diminuer les pododermatites et de favoriser la croissance. «La marge dindonneau aliment/m2 a fait un bond en avant pour atteindre 25 à 26 € m2/lot en dindes médium», se réjouissent les éleveurs. Et de souligner : «la confiance s’est instaurée avec l’équipe du Gouesssant. Le suivi rapproché, réalisé par notre technicienne et par Charlotte Rétaux vétérinaire du Gouessant, a bien fonctionné. Nous avons mis leurs conseils à profit pour changer quelques-unes de nos habitudes».
Les éleveurs sont particulièrement vigilants au bon déroulement des phases clés de l’élevage : «le premier mois d’élevage est capital, tout comme le départ des femelles vers 10-12 semaines». Vérification des consommations, pesées, tri des animaux : Jacques et Virginie essayent de ne rien laisser au hasard et sont très réactifs pour maintenir un bon niveau de performances. Une tactique qui, visiblement, fait la preuve de son efficacité.
Edith Llistosella
*Production dérobée : le démarrage des dindes en double densité dans le premier bâtiment permet d’élever un lot de poulets dans le second. Après leur départ et les opérations de nettoyage et de désinfection, une partie des dindes est transférée, aux environs de 28 jours, dans le second bâtiment.
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