
Olivier Cresteaux :

L'épaisseur de lard est mesurée par ultrasons au sevrage, à l'échographie et à la mise-bas.
Prolificité à l’Earl du Domaine
«Dites trente-trois !»
Les performances de son élevage ont de quoi faire tousser. Olivier Cresteaux a sevré près de 33 porcelets par truie l’an dernier. Visite à l’Earl du Domaine, à Guilliers dans le Morbihan, pour lever le secret sur la prolificité.
«Les performances de l’élevage sont avant tout le fruit d’un travail collégial», précise d’emblée Olivier Cresteaux, en soulignant l’implication de ses trois salariés et de ses conseillers partenaires dans cette réussite technique. L’éleveur, qui a repris cet élevage naisseur-engraisseur partiel de 400 truies en 2006, a réalisé un fantastique bond en avant en l’espace de cinq ans. «Lors de la reprise de l’élevage, les performances se situaient dans la moyenne des élevages bretons. Aujourd’hui, elles figurent parmi les 5 à 10 % meilleures», atteste Béatrice Le Guen, technicienne porc Gouessant qui suit l’élevage depuis l’origine. Pas de « Cocorico ! » pour autant. Olivier et son équipe restent concentrés sur l’objectif : «pérenniser les résultats et consolider l’acquis, en continuant à travailler dans un cercle vertueux».
Valoriser le potentiel génétique
Cette ambition de progrès s’est matérialisée dans des pratiques simples et efficaces. «Nous respectons les fondamentaux de l’élevage. Au départ, les truies étaient conduites à la semaine, autant dire en continu, avec de joyeux mélanges au sein des bandes ! Nous avons rapidement adopté une conduite en dix bandes, avec sevrage à 21 jours, qui correspondait bien à la chaîne de bâtiments. Comme il n’y a plus aucun mélange de bandes, le statut sanitaire s’est amélioré.»
Olivier s’est ensuite attaché à valoriser le potentiel génétique de son troupeau. «J’ai toujours fait confiance au même multiplicateur. J’ai également suivi à la lettre le mode d’emploi de la génétique sino européenne que j’ai choisie : hygiène et respect de la quarantaine d’une durée de huit semaines, des cochettes de 140 kg minimum à la saillie et d’un an à la mise bas…»
Confort et hygiène de la mise bas
Avant d’être introduites dans le troupeau, les cochettes passent par une post-quarantaine, où elles restent huit semaines supplémentaires. «Les deux modules - quarantaine et post-quarantaine - sont conduits en tout plein/tout vide», précise l’éleveur qui a, par ailleurs, arrêté le prélèvement de semences à la ferme pour «sécuriser les performances de reproduction ». L’adoption de l’insémination intra-utérine a également obligé l’équipe à être plus rigoureuse dans la préparation à l’insémination artificielle (utilisation de produits de tarissement, jeûne…).
Au sevrage, les truies sont mises en liberté durant une demi-journée. « Ce stress positif relance la machine hormonale», précise Olivier. La stimulation au verrat intervient dès le lendemain du sevrage. Un flushing est pratiqué jusqu’à l’insémination. «J’ai également découvert les vertus de la phytothérapie en prévention des problèmes urinaires.» Lors de cette phase capitale de la mise bas, les truies sont placées dans des conditions de confort et d’hygiène optimales : chauffage, lampes, tapis… «Nous sommes bien sûr présents auprès d’elles, mais seulement aux heures ouvrables», plaisante Olivier qui préfère dormir dans son lit que dans sa porcherie !
Un plan d’alimentation adapté
La conduite alimentaire a été revue il y a deux ans pour «limiter le nombre de porcelets mort-nés. Nous sommes passés en trois phases d’alimentation pour les truies gestantes». La courbe d’alimentation en U impose des écarts de 1 000 g d’aliment entre deux phases successives. Au final, l’équipe a observé «un meilleur tonus à la mise bas, des porcelets plus gros et moins hétérogènes avec un nombre de nés totaux supérieur».
Les 15,64 porcelets nés en moyenne sont élevés sous la mère, sans nounou, «d’où la nécessité d’investir dans un aliment d’allaitement haut de gamme». Le choix d’Olivier s’est porté sur la Maternale Ultra avec la technologie farine fluidisée. «Nous distribuons la Maternale Ultra aux truies dès l’entrée en maternité, avec un plafond d’alimentation de 9 kg par truie. La concentration de cet aliment en nutriments et sa présentation permettent d’optimiser les quantités consommées, sans ajout manuel de vitamines et d’oligo-éléments», témoigne Olivier.
Des outils de suivi et de contrôle
Toutes ces dispositions, mises bout à bout, contribuent à l’expression des performances zootechniques. Comme le résume l’éleveur : «il faut être patient dans la mise en place de nouvelles solutions et ne pas vouloir tout réaliser en même temps». Pour piloter son élevage, il s’appuie sur des outils qui ont fait la preuve de leur efficacité. «Chaque salarié saisit sur informatique les données de son poste pour la gestion technique des troupeaux de truies (G3T). Toutes les consignes sont écrites, actualisées et tracées afin de suivre la marche en avant de l’élevage et, éventuellement, de décider d’une marche en arrière parfois salutaire. Nous étalonnons les doseurs volumétriques d’aliments deux à trois fois par an. Il ne suffit pas de collecter et d’analyser des données, encore faut-il qu’elles soient fiables.» L’équipe a aussi généralisé les mesures d’épaisseur de lard sur les truies par ultrasons aux stades clés de l’élevage : sevrage, échographie, mise bas.
Pour obtenir près de 33 porcelets par truie et par an, il faut en effet se fixer des règles strictes et s’y tenir. Une logique implacable.
Edith Llistosella
Une équipe motivée
«L’excellent niveau de performances atteint à l’Earl du Domaine repose avant tout sur les compétences et la motivation de l’éleveur et de son équipe. J’ai pu constater, en travaillant à leurs côtés, une grande rigueur dans la conduite quotidienne. J’apprécie aussi cet esprit d’ouverture qui les conduit à se remettre en cause pour tester de nouvelles voies de progrès, en concertation avec leurs techniciens et conseillers.»
Béatrice Le Guen,
technicienne Porc
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Des apports déterminants
«Il est important de favoriser l’apport alimentaire en maternité. Ce dernier va soutenir le démarrage en lactation, augmenter le poids de portée et limiter la perte d’état des truies. Au-delà, il va conditionner l’homogénéité de la portée suivante.»
Sophie Ambrois,
responsable technique et gammes d’aliments Porc

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