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recherche
et innovation Quand
les salariés s'impliquent
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Les aliments destinés aux poissons d’élevage
(truites, turbots, bars…) et autres habitants de la mer (crevettes,
ormeaux…) sont fabriqués à l’usine Aquacole du Gouessant de St-Aaron. Les produits sont des
aliments mesurant, selon l’espèce et l’âge, de 0,8 à 25 millimètres
de diamètre et se déclinent en produits coulants, semi-flottants ou
flottants. L’aliment poisson se fabrique essentiellement d’après le
principe de l’extrusion : l’aliment est cuit et
passe dans une filière pour lui donner sa forme définitive.
Au total, 400 formules sont répertoriées dans le
livre des recettes de l’usine Poisson.
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Des granulés de plus en plus petits
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Depuis quelques années, les responsables de l’activité Aquacole du
Gouessant cherchent à développer les aliments pour alevins, de très petits diamètres.
En mars 2006, l'équipe
"Fab" poisson a battu son record en fabriquant, sans émiettage,
un aliment de 0,8 mm ! Mais cela ne suffit pas, l'objectif pour le second
semestre est fixé à 0,6 mm.
" Plus la mouture du mix-farine est petite, plus
nous sommes sûrs de garder l’intégralité de la formule à l’intérieur
du granulé, ce qui n’est pas garanti quand il est émietté à partir
d’un granulé plus gros ", explique Daniel Cornières, responsable du site
de St-Aaron. Autre intérêt, plus le granulé est petit, plus le taux de
déchet est faible (< à 0,6 %) et, pour le client autant que pour
l’environnement, cela signifie un aliment moins polluant. Pour éviter
la pollution, il faut que les petits granulés soient flottants ou
qu’ils tombent le plus lentement possible. "Troisième avantage
: comme
c’est le technicien qui procède aux réglages, nous maîtrisons mieux
le critère de flottaison, alors que c’est plus hasardeux sur la miette."
Enfin,
plus les trous sont petits, plus le risque de bouchage est important. En
effet, s’agissant de produits cuits, certaines particules gonflent et
viennent obstruer les trous de la filière. Il suffit de 10 à 15 grammes
de particules (amidon) supérieures à ce que nous recherchons en mouture
pour boucher les trous. En très peu de temps, la pression de
l’extrudeur peut monter de façon importante. Or, un tel incident
pourrait provoquer l’explosion de l’extrudeur. C’est un peu comme
quand vous faites un gâteau, plus la farine est fluide, moins il y a de
grumeaux.
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Un travail de précision
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Pour fabriquer un granulé de 2,8 à 3 millimètres
de diamètre, une filière dite classique, de type monoplaque, suffit. Ça
se complique quand le diamètre est inférieur à 1 mm. « Ce n’est pas
un problème de percer des trous de 2,5 mm sur une filière épaisse (3
cm), mais ça le devient quand ils font 1 mm ou moins. Quand le diamètre
de perçage se restreint, le nombre de trous augmente et l’épaisseur de
la filière diminue, ce qui la rend très fragile. Lors des premiers
essais, les filières standard se déformaient », explique Daniel Cornières.
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C’est à ce moment qu’intervient Pierre
Bervet, qui a découvert un système permettant de renforcer la filière.
Il suffit de la créer en deux blocs. « Avec l’aide d’un
consultant extérieur, il s’est attaqué à la conception de ce type de
filière. Il s’agissait de redonner de la rigidité par des fixations
centrales. Pierre a travaillé sur les plans, fait faire les pièces par
un artisan local, puis assuré la mise en service des outils », poursuit
Daniel Cornières.
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Il aura fallu deux années de travail entre la découverte du principe, les essais et
la mise en production.
Maintenant, la fabrication des granulés de 0,8 mm
est complètement maîtrisée. Cependant, il est nécessaire d’être très
vigilant sur la propreté du circuit et des filières. Pierre rectifie régulièrement
leurs surfaces. « En effet, à ce stade de granulométrie, il n’est
plus possible de trier le produit. Une fois passé dans la filière, il
est ensaché directement. Il n’y a pas de tamisage. Pour que le produit
final soit impeccable, le circuit doit être propre, le broyage irréprochable
et la formulation adaptée », explique Pierre Bervet, également chargé
de superviser tous les réglages.
«Il faut faire très attention car si
les réglages sont mal adaptés, cela a une incidence sur la qualité du
produit. Ainsi, il suffit, parfois, pour obtenir un certain diamètre,
d’ajuster la vitesse de coupe pour que le granulé augmente ou diminue
et atteigne, ainsi, la taille souhaitée. Or, si les couteaux sont mal réglés,
cela peut avoir une incidence sur le diamètre et la longueur du produit.
C’est pourquoi, à chaque changement de filière, nous prenons des
couteaux neufs. »
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« Atteindre 0,8 mm de diamètre est le maximum de ce
que nous pouvons faire pour le moment. Nous espérons atteindre 0,6 avant
la fin de l’année, mais plus nous passons de tranches de diamètres inférieurs,
plus c’est difficile à obtenir », précise Daniel Cornières.
Mais Pierre Bervet ne craint pas la difficulté et a
déjà commencé à s’investir sur ce nouveau casse-tête. Il paraît
que c’est un passionné !
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