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Que mangent les
poissons d’aquaculture en France ?
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Dominique Corlay, responsable commercial
de l’activité aquacole du Gouessant, répond.
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L’aquaculture
mondiale connaît un très fort développement depuis 30
ans. Les perspectives de croissance sont très prometteuses, car
la pêche ne suffit plus pour répondre à la demande des
consommateurs. L’aquaculture européenne, en particulier française,
s’est essentiellement orientée vers des espèces nobles (truites,
saumons, bars, daurades, turbots, esturgeons…). Au niveau de la
production, la fabrication des aliments pour poissons rentre dans
un cadre règlementaire européen et français très exigeant et
l’un des plus sûrs au monde. Parmi les questions posées sur
l’aquaculture, nombreuses sont celles portant sur la nourriture
des poissons. « Dis donc tu mets quoi dans tes aliments pour
poissons ? », est la question souvent posée à Dominique Corlay qui y répond.
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L’aliment distribué par l’éleveur doit apporter tous les
nutriments nécessaires pour assurer la croissance et le bien-être
du poisson. Le Gouessant produit des aliments selon de nombreux
cahiers des charges de type Label rouge, AB, Carrefour… Nous
retrouvons, globalement, dans la composition d’un aliment pour
poisson, les quatre grandes familles de nutriments :
- Les
protéines : elles apportent les éléments nécessaires à
la constitution corporelle. Ces poissons nobles en ont des besoins
élevés (de 35 à 50 %) et elles doivent être de bonne qualité
(digestibilité, profil en acides aminés adapté). Elles sont de
plusieurs origines :
- farines
de poissons, issues de poissons sauvages entiers ou de leurs
chutes de transformation (parties non utilisées lors de la découpe)
: de 10 à 50 % de la ration,
- protéines
végétales, en particulier soja, maïs, pois, gluten de blé
: de 10 à 40 %,
- autres
sources de protéines : les produits issus des industries
agroalimentaires (levures, produits dérivés du sang de
non-ruminants…).
- Les
lipides : éléments énergétiques majeurs de la ration du
poisson, ils apportent aussi les acides gras essentiels au métabolisme
cellulaire. Ces lipides, incorporés entre 10 et 30% de la ration
alimentaire, sont de deux origines :
- huiles
de poisson : extraites lors de la fabrication des farines de
poisson,
- huiles
végétales : soja, colza, lin, maïs…
- Les
carbohydrates : d’un faible intérêt nutritionnel, ils
ont surtout un rôle technologique de support à la tenue des
granulés, grâce à leur teneur en amidon.
Parmi ces matières premières : le blé et autres produits
amylacés,incorporés à hauteur de 10 à 20 %.
- Les
minéraux et les vitamines : indispensables à la
croissance et à la santé du poisson. Ce complexe, incorporé à
moins de 1 % environ, est composé, en particulier des vitamines
A, D3, E, C et celles du groupe B.
- Des pigments sont enfin utilisés
dans l’élevage de la truite et du saumon, pour donner une
couleur plus uniforme à la chair. Ces pigments, comme
l’astaxanthine, sont identiques à ceux trouvés dans les
crustacés, comme les crevettes, dont peut se nourrir le poisson
dans le milieu naturel.
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L’aquaculture n’est-elle pas responsable
de la surexploitation des mers ?
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Les farines de poissons et les huiles de poissons utilisées par
l’aquaculture européenne proviennent essentiellement de deux
zones géographiques :
- Les
côtes du Pacifique : Pérou et Chili, les premiers
producteurs mondiaux,
- Les
mers froides du nord de l’Europe : Islande, Norvège,
Danemark.
Ces captures de poissons sont strictement gérées sous quotas par
les autorités nationales : fermeture de la pêche pendant les périodes
de reproduction, taille minimum de capture, nombre limité de
licences de pêche, embarquement sur chaque navire d’un système
de positionnement par satellite pour leur surveillance par les
autorités maritimes (zone maximale des 200 miles pour le
Pacifique). Le Gouessant s’assure que ces spécifications sont
bien remplies lors de ces achats. Ces pêches minotières, destinées
à la production de farines de poissons, sont ciblées sur deux
groupes d’espèces :
- des espèces sans intérêt
pour la consommation humaine (petite taille, trop d’arêtes)
: capelans, lançons, tacauds norvégiens. Leur unique utilisation est
la production de farines et d’huiles de poisson.Ce premier groupe représente la part la plus importante
des matières premières d’origine marine destinées à
l’aquaculture.
- des
espèces ayant un faible potentiel pour la consommation
humaine et/ou très éloignées des zones de consommation (faible
taille, qualité médiocre) : merlans bleus, sprats, anchois,
chinchards, jaurels…
Le complément de farines et d’huiles de poissons provient :
- des espèces ayant un
potentiel commercial, mais dont les surplus ponctuels peuvent
être transformés (cas des pêches saisonnières) : harengs,
chinchards d’Europe, sardines…
-
des chutes de poissons issues de l’industrie de
transformation (criées, ateliers de transformation), à
l’exception des poissons d’élevages, sont aussi transformées
en farines et huiles.
Grâce à l’ensemble de ces mesures et contrôles,
l’aquaculture ne peut donc pas être accusée de participer à
la surexploitation des ressources marines. La production mondiale
(hors phénomène météorologique de type El Nino) en huiles et
en farines est d’ailleurs très stable depuis plus de 30 ans.
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Combien faut-il de kilos d’aliments
pour produire 1 kg de poisson d’aquaculture
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Parmi les animaux d’élevages, les poissons sont les meilleurs
transformateurs, puisqu’il faut en moyenne, pour une truite, 1
kg d’aliment pour produire 1 kg de poisson ! L’indice de
conversion s’est
nettement amélioré en 20 ans, passant de 1,7 pour la truite
portion (250 g) en 1985 à 0,8 en 2005 grâce à la recherche
sur la nutrition et l’amélioration des technologies de
fabrication des aliments aquacoles (technologie de
l’extrusion).
En moyenne, un aliment aquacole en France contient 25 % de
produits de poissons. À titre d’information, 100 kg de
poissons « minotiers » produisent en moyenne 20 kg de farine
(à 10 % d’humidité) et 5 kg d’huile (source : IFFO). Il
faut donc moins de 2 kg de poissons «minotiers » pour
produire 1 kg de poisson d’élevage, comme une truite ! Dans
la nature, le même poisson consommerait 6 à 10 kg de
poissons-proies (source : IFREMER). Un poisson d’élevage
consomme donc trois à cinq fois moins de poisson que son
homologue sauvage.L’aquaculture est donc bien une réponse
d’avenir à la demande croissante de poissons de qualité par
les consommateurs.
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Quels sont les engagements de
la profession pour une aquaculture durable concernant l’alimentation
des poissons ?
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Les professionnels français, comme Le Gouessant, se sont engagés
très tôt vers la notion d’aquaculture durable dans
l’alimentation des poissons. Un premier constat a ainsi été
fait:
- pour assurer le développement
de l’aquaculture, les produits de poissons (huiles et farines de
poissons) ne suffiront pas. La disponibilité de ces produits
reste globalement stable depuis 30 ans, soit 6 à 7 millions de
tonnes en farines et 1 à 1,2 million de tonnes d’huiles de
poissons (source FAO,
de 1968 à 2000).
- Depuis 20 ans, les
organismes de recherche ont prouvé la possibilité de substituer
partiellement les huiles et les farines de poissons par des protéines
et des huiles végétales, tout en préservant la qualité et
l’intérêt nutritionnel des poissons d’aquaculture.
-
Le Gouessant a mené de nombreux travaux de recherche démontrant,
par exemple, que la substitution de l’huile de poissons, jusqu’à
50 % par de l’huile végétale, est adaptée à la croissance des
poissons, sans réduire les qualités organoleptiques et
nutritionnelles du poisson. Elle permet, de plus, de poursuivre le développement
de l’aquaculture sans puiser sur les ressources marines.
- Enfin, Le Gouessant
utilise également des protéines végétales de bonne qualité
(gluten de blé ou de maïs, soja, pois…) qui permettent de
diversifier l’apport protéique alimentaire des poissons et de
limiter à bon escient l’utilisation des produits de poisson.
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Quelle est la qualité des poissons d’aquaculture ?
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Les qualités nutritionnelles des poissons d’aquaculture sont
excellentes, tant sur le plan des protéines (acides aminés),
que des minéraux et des vitamines. Sur le plan des lipides,la
teneur moyenne des poissons d’élevage est stable et
de bonne qualité car très forte en acides gras insaturés,
grâce à leur alimentation maîtrisée :
- garantie en acides gras
polyinsaturés de type w3 (particulièrement EPA et DHA),
- teneur minimum en
produits de poissons et en huile de poissons.
Le profil en acides gras des aliments reflète bien celui du
poisson d’aquaculture.
L’AFSSA a défini des allégations nutritionnelles en relation
avec la teneur en acides gras essentiels et leur intérêt dans
la santé humaine comme la protection contre les maladies
cardio-vasculaires. Le poisson d’aquaculture de France remplit
ainsi les 3 niveaux définis :
-
« riche en acides gras Oméga 3 »,
- « le produit contribue
au rééquilibrage des apports en acides gras Oméga 3 »,
- « les acides gras Oméga
3 participent au bon fonctionnement du système
cardio-vasculaire ».
Sur le plan de la sécurité alimentaire, les poissons
d’aquaculture de France présentent aussi beaucoup
d’avantages par leur alimentation maîtrisée et contrôlée.
La traçabilité des matières premières utilisées est
garantie. Les teneurs en substances indésirables comme les
dioxines, le plomb ou le mercure sont contrôlées, apportant
ainsi plus de garanties que leurs homologues sauvages !
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Conclusion
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L’alimentation des poissons d’aquaculture est contrôlée et
maîtrisée, ce qui permet de garantir une sécurité
alimentaire égale, voire supérieure, aux poissons de pêche.
Sur le plan organoleptique, les consommateurs ont le choix. La
fraîcheur est un atout clé des poissons d’aquaculture : pêché
le jour A, il est en jour B sur l’étal. Un merlu peut avoir
été pêché il y a 2 semaines déjà ! Enfin, il existe autant
de différence entre un saumon standard et un saumon label rouge
qu’il peut exister en poulet ! Ce sont les conditions d’élevage
et l’alimentation qui sont importantes. Donc, pas de clichés
ou d’a priori sur les poissons d’aquaculture.
En choisissant un poisson élevé en France en label
rouge, en filière qualité, ou en bio, vous avez de grandes
chances, en plus, qu’il ait été nourri par Le Gouessant !
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Lien:
www.aqua.legouessant.com
(novembre 2007)
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