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SPECIALISTE DE LA NUTRITION ANIMALE

"La sécurité alimentaire commence
avec celle de nos élevages"
Groupe Le Gouessant : Spécialiste de la nutrition animale

Convoyeurs d’animaux : un métier à part


« Notre travail, c’est presque une passion ! »

 

Suite à l’acquisition d’une nouvelle bétaillère, nous avons rencontré Ollivier Lucas et Gilles Esnault, qui transportent, depuis près d’une dizaine d’années, les porcs charcutiers pour Syproporcs et la section fermière. Un métier qui a évolué, laissant une plus large part à la technique et aux responsabilités. D’ailleurs, ce métier possède un nom bien à part, celui de convoyeur d’animaux.



La mission principale de cette activité consiste à enlever les cochons dans les élevages pour les livrer soit à l’abattoir pour les porcs charcutiers, soit chez un engraisseur pour les porcelets. Les élevages sont situés principalement dans les Côtes-d’Armor, le Morbihan et en Ille-et-Vilaine. Ollivier travaille le matin. Il charge les porcs fermiers ou Label rouge pour les livrer à l’abattoir Bigard à Quimperlé (29). Il ramène le camion à Yvignac-la-Tour, leur lieu d’habitation à tous les deux, où Gilles prend le relais l’après-midi. Gilles livre essentiellement des porcs standards à l’abattoir Abera à St-Brice-en-Coglès (35).
Gilles a horreur de travailler le matin et Ollivier l’après-midi. Comme ils sont en plus amis dans leur vie personnelle, tous les critères sont réunis pour qu’ils organisent au mieux leur travail. Ollivier commence entre 1h00 et 4h00 et termine entre 11h00 et14h00. Gilles démarre vers 14h00 pour finir aux alentours de 23h00. Tous deux travaillent sur 4 jours.
Jean-Jacques est le troisième convoyeur. Il travaille en journée et transporte les porcelets (25 kg) ou les laitons (8 kg) pour Syproporcs. Il les charge chez le naisseur pour les livrer chez l’engraisseur. Il ne va jamais à l’abattoir. Par rapport aux deux autres, il a un rôle plus commercial et technique car il doit veiller à la qualité des porcelets.
« Les conditions de travail ne sont pas toujours évidentes. Ce métier est dur, car il n’est pas toujours facile de bouger des bêtes de 115 kg. Les animaux ne sont pas toujours propres et les accès aux élevages sont plus ou moins faciles ! , remarque Philippe Beaupied, technico-commercial Porcs, chargé d’organiser les plannings de ramassage. Et, à contrario, nous demandons aux convoyeurs d’être propres et vigilants sur le plan sanitaire ! »



Un travail très prenant


Quelle est la particularité du métier de convoyeur d’animaux  ?
- « Je me lève plus tôt et je m’ennuie pas, car je bouge tout le temps, en dehors du temps de conduite,précise Ollivier. Beaucoup de conducteurs de bétaillères, après avoir pratiqué d’autres types de transport, veulent y revenir. C’est presque une passion. Mais mieux vaut ne pas trop en dire, car on pourrait vouloir nous piquer notre place ! »
Il faut charger les porcs, les conduire, les décharger et laver le véhicule. Nous avons le contact avec les animaux et parfois avec les éleveurs, remarque Gilles. C’est un travail très prenant. Comme tous les métiers, quand on débute, on est embêté les six premiers mois et dès qu’on connaît le boulot, ça va beaucoup mieux. Et quand on comprend qu’il faut être gentil avec les cochons, eux aussi sont gentils avec nous. »

Pour transporter les animaux, explique Ollivier, nous sommes très attentifs. Contrairement à l’aliment, nos cochons bougent et, par exemple, dans un rond-point, tout le monde se déplace. Il faut anticiper. Imaginez un freinage brutal ! Ce sont 160 porcs de 115 kg qui viennent vers la cabine ! Nous conduisons comme si nous transportions nos enfants. Les cochons sont des bêtes délicates. Par temps orageux, ils sont énervés, il faut en tenir compte. Si nous appliquions les conseils qu’on nous donne en formation, il faudrait presque leur chanter une berceuse avant de les charger ! Dans les abattoirs, tout est fait pour améliorer leur bien-être avant de les tuer ! Pour les porcs Label, nous devons les arroser à la fin du chargement, ça les déstresse. Ensuite, ils sont douchés tous les quarts d’heure pendant deux ou trois heures. »
 

Moins de réclamations


Les convoyeurs reçoivent chaque vendredi un ordre de mission pour la semaine suivante. « Pour avoir travaillé dans d’autres entreprises de transport, ce n’est pas courant de connaitre, en fin de semaine, ce que vous allez faire la semaine suivante… nous apprécions, note en passant Ollivier. Nous pouvons modifier le planning, en accord avec Philippe, si nous constatons des anomalies (horaires, sens de la tournée, gain de kilomètres), en vue de gagner du temps. Nous nous basons sur l’horaire d’arrivée à l’abattoir pour ne pas le faire attendre. »
« En général, les animaux sont prêts à être chargés, surtout pour le Label, car c’est une procédure inscrite dans le cahier des charges, souligne Gilles. En standard, ils devraient le faire, mais tous les bâtiments ne sont pas encore équipés d’un local de stockage. Nous, nous n’avons pas le droit d’entrer dans l’élevage. Si les cochons ne sont pas prêts, nous devons attendre que l’éleveur les prépare. Dans une journée, nous tournons en moyenne sur trois élevages. Il arrive que nous n’ayons que 50 porcs, mais nous pouvons aussi en charger 160 dans la même ferme. Il faut, si les cochons sont prêts à notre arrivée, environ 30 mn pour charger 160 porcs et 20 mn pour les décharger. Mais ça dépend aussi de l’état de nervosité des cochons. »

« L’avantage de ramasser nous-mêmes nos animaux, souligne Philippe Beaupied, c’est que nous avons moins de réclamations que lorsque les tournées sont effectuées par des transporteurs extérieurs. Nous transportons 80% des porcelets et 1 500 porcs par semaine. Nos chauffeurs conduisent avec beaucoup de prudence et font très attention aux animaux. Le taux de mortalité lié au transport est très faible, au point que nous sommes classés premiers sur ce critère par Uniporc. Les éleveurs ont toujours affaire au même chauffeur et ils n’ont pas avec lui la même relation qu’avec un chauffeur Aliment. Ce dernier leur présente une facture, alors que le convoyeur embarque ses cochons qui lui seront payés. C’est une raison de plus pour l’apprécier. Et comme ils prennent souvent chez les mêmes, le lien se créée. »

Mis à jour le 22/07/2008