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SPECIALISTE DE LA NUTRITION ANIMALE

"La sécurité alimentaire commence
avec celle de nos élevages"
Groupe Le Gouessant : Spécialiste de la nutrition animale

Point de vue «L’Homme doit être au cœur de la démarche»


Fabrice L’Hôtellier, vice-président du Gouessant, membre du comité de pilotage du projet développement durable du Comité régional porcin, commente, avec humanisme, les débats du Club Adalia auxquels il a participé avec Agnès Guy, responsable du service Environnement de la Coopérative
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Pourquoi la Coopérative a-t-elle participé à ce colloque consacré à l’agriculture durable ? Fabrice L’Hôtellier : Le Gouessant accorde une grande importance aux questions sociétales, notamment au développement durable qui conditionne la pérennité des exploitations et des activités de la Coopérative. Notre présence à cette journée s’est naturellement imposée pour y représenter le point de vue des adhérents. En effet, dans ce lieu et d’autres se tiennent des débats sur des questions qui engagent l’avenir de l’agriculture et influent sur l’évolution de la réglementation.

 

Qu’avez-vous retenu de ce colloque ?

J’ai retenu une idée forte. La question de durabilité ne peut s’entrevoir qu’au travers de trois volets indissociables : l’économie, l’écologie et le social. Cette journée m’a aussi permis d’appréhender le cheminement intellectuel des experts, afin de pouvoir exprimer au mieux le point de vue des agriculteurs dans ce type d’instance. Par ailleurs, l’absence de vision stratégique des différentes personnalités présentes m’a conforté dans l’idée qu’il n’y a pas de modèle unique en matière d’agriculture durable. Différents modèles, qui ont chacun leur raison d’être, continueront à coexister.

 

Qu’est-ce qui vous a interpellé ?

Alors que les intervenants de la matinée semblaient s’accorder sur la complexité de l’agriculture durable, l’après-midi a réduit cette notion aux seuls indicateurs environnementaux ! Je suis intervenu en soulignant que les hommes, et ce qui les nourrit, devaient être replacés au cœur du dispositif. L’agriculture durable ne doit pas s’imaginer sur l’autel de la contrainte. Les indicateurs pour la quantifier devront être socialement et économiquement acceptables. Ils ne devront pas non plus peser sur une seule catégorie socioprofessionnelle. En outre, j’estime que l’approche de la notion de durabilité est trop nombriliste. En effet, comment considérer comme durable d’imposer des contraintes telles dans une zone géographique que cela génère la délocalisation de nos filières vers des zones moins tatillonnes sur le plan écologique ? Est-ce que les multinationales d’Europe de l’Ouest, d’Amérique du Sud ou d’Asie respectent mieux l’environnement que le producteur artisanal et familial d’ici ?
  

Quelle définition personnelle donneriez-vous du développement durable ?
L’humain doit être placé au cœur du développement durable. L’économie sert à nourrir les hommes. Ces derniers doivent prendre en compte et diminuer leur impact sur l’environnement, dans le respect dû aux générations futures et à l’avenir de la planète. Dans mon esprit, l’agriculture durable ne se construit pas en opposant les hommes et les systèmes de production. Elle se bâtit en prenant le meilleur de chacun, en jouant sur les solidarités et les complémentarités. Le Gouessant - qui associe les idées, les hommes et les modes de production - me semble incarner cette dynamique de progrès.
 

Quelles sont les réalisations de la Coopérative en matière d’agriculture durable ?

Le projet 4 Soleils encourage les adhérents à œuvrer dans le sens du durable. L’agriculture durable est avant tout dans un état d’esprit qui doit guider les actes quotidiens des salariés et des adhérents : conduite économe, diminution des consommations d’énergie et d’eau en usine et à la ferme, optimisation du transport, tri et recyclage des déchets…

 

Vous-même, pratiquez-vous l’agriculture durable ?

Rien de révolutionnaire ! Mais, comme on dit, les petits ruisseaux font les grandes rivières. Dans mon élevage de porcs, j’ai choisi d’associer les systèmes paille. Cela m’a permis jusqu’alors d’éviter de «traiter» le lisier, autrement dit de détruire de la matière. Au niveau agronomique, je valorise deux types de fertilisants naturels et complémentaires. Je pratique également le non-labour sur la moitié de mes terres. Enfin, j’ai récemment réalisé un diagnostic énergétique d’exploitation. Il témoigne d’une consommation plus basse que la moyenne, liée à la conduite des truies en nombre de bandes réduites. La situation n’est pas figée, c’est pourquoi je reste à l’affût de toute bonne idée pour évoluer sur le chemin de l’agriculture durable !
 

 

Propos recueillis par Edith Llistosella

 

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Mis à jour le 19/07/2011