
Période « novembre 2010 – février 2011 »
Marché à terme
Un petit clic vaut mieux qu’une grande claque !
Pour anticiper la hausse des matières premières, les éleveurs ont l’opportunité de contractualiser leur prix d’aliment. Une pratique encore peu connue, rendue accessible par Le Gouessant.
« Ne rien faire, c’est spéculer ! » C’est ainsi que Pascal Concert, éleveur à Ploubalay (22), justifie son choix de contractualiser son prix d’aliment. Marqué, comme tous les éleveurs de porcs, par la flambée des matières premières de 2007 et 2008, Pascal a souhaité sécuriser son prix de revient. Ces années-là, le prix d’aliment avait monté de 80 € par tonne, soit un surcoût de 120 000 € par an pour un atelier naisseur-engraisseur de 200 truies. D’où l’intérêt d’anticiper ces hausses. C’est pourquoi Le Gouessant a mis en place un nouveau service, appelé « Offre en longueur ». Disponible sur l’Extranet, il permet aux éleveurs de disposer quotidiennement d’une cotation des aliments charcutiers pour les mois à venir. Ces prix évoluent chaque jour, selon la tendance du marché des matières premières, comme l’illustre la courbe ci-dessous.
Encore faut-il savoir quand contractualiser. C’est pourquoi ces éleveurs participent tous les mois à des réunions co-animées avec Offre et Demande Agricole (ODA, organisme de conseil pour la gestion du risque de prix des filières agricoles). Y sont données les tendances des différents marchés. Avant de contractualiser, il faut bien sûr veiller à ce que le prix de revient obtenu avec ce contrat soit cohérent par rapport au marché. Ce que permet de vérifier le calculateur de prix d’équilibre installé sur l’Extranet.
Une volatilité des prix qui s’accentue
La récente envolée du prix de la céréale montre, s’il en était besoin, l’intérêt de couvrir ses approvisionnements. Fort heureusement, la situation 2010 ne peut être comparée à celle de 2007-2008 : les stocks mondiaux de blé sont plus importants et il n’existe pas de risque de pénurie. Pour autant, la volatilité des matières premières est très forte, et c’est une tendance qui ne se démentira pas dans le temps.
* Le graphe ci-contre
(cliquer pour agrandir) montre qu’il était possible de souscrire des contrats à moins de 190 € par tonne entre le 1
er février et le 30 juin 2010. Depuis cette date, la cotation est montée rapidement pour atteindre un maximum à 259 € par tonne.
La vie du Club 4 Soleils de Noyal-sur-Vilaine (35)
Le Club « 4 Soleils » de Noyal-sur-Vilaine comprend dix éleveurs. Tous ont suivi une formation de trois jours sur les marchés à terme avec Offre et Demande Agricole (ODA).
Le premier mardi de chaque mois, les membres se réunissent pour étudier les tendances des différents marchés (financier, pétrole, céréales, oléoprotéagineux…) et réfléchir aux arbitrages possibles.
À l’image de Noyal en l’Ille-et-Vilaine, deux autres clubs ont été créés dans les Côtes-d’Armor et le Finistère, regroupant au total plus de 30 éleveurs.
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