SPECIALISTE DE LA NUTRITION ANIMALE
"La sécurité alimentaire commence
«Lorsque le prix des matières premières flambe et que les cours agricoles stagnent, mieux vaut renforcer l’autonomie de l’exploitation que de faire la course à l’agrandissement de l’atelier porcin» estime Yannis Gemin. C’est ainsi que cet éleveur et ses associés entendent faire face à la crise et s’adapter à la nouvelle donne socio-économique mondiale.
«Il y a encore de l’avenir en production porcine, mais il faut s’adapter de plus en plus vite. Dans cette bataille, la technicité et la maîtrise des coûts sont primordiales. Pour notre part, nous cherchons à consolider nos performances d’élevage et à renforcer l’autonomie globale de l’exploitation» explique Yannis Gemin. Pour ce faire, cet éleveur s’est associé, au départ en retraite de ses parents, avec un couple d’agriculteurs voisins : Michèle et Thierry Lemay. «Nous avons saisi l’opportunité de constituer une exploitation polyvalente en 2007. Nos productions respectives, un élevage porc de 190 truies et un atelier allaitant de 130 vaches, étaient complémentaires. Cela permettait, d’une part, de diversifier les sources de revenu et d’amortir l’impact de la volatilité des marchés. D’autre part, nous obtenions un système d’exploitation cohérent au niveau de l’épandage et de la valorisation des effluents organiques.»
Yannis Gemin est ouvert au changement «qui devient permanent dans un monde qui s’accélère. Il faut se remettre en cause techniquement, modifier ses pratiques pour gagner encore en technicité et en prix de revient». Il croit en l’avenir de la viande de porc française « très bien placée en rapport qualité/prix ». Mais, il appelle de ses vœux : «une meilleure répartition des marges au sein de la filière, et une harmonisation européenne des règles sociales, économiques et environnementales pour pouvoir jouer à armes égales sur le marché mondial ».
Attaché tout comme ses associés à «la liberté d’entreprendre», le Gaec a choisi de commercialiser sa production via Syproporcs. «Aujourd’hui, nous devons nous préoccuper du prix de revient, mais aussi du prix de vente de nos produits. À l’avenir, j’aimerais que deux systèmes cohabitent en harmonie : le marché au cadran, indispensable pour la défense du prix de base, et une offre en longueur hors filière qui pourrait apporter une sécurité et une stabilité de revenu sur une partie de notre production.»
En attendant, Yannis Gemin se donne les moyens d’affiner sa stratégie d’autonomie. «J’ai participé à une formation proposée par Le Gouessant sur le fonctionnement du marché à terme. C’était hyper intéressant et ça m’a donné des idées pour mieux nous couvrir en céréales et matières azotées.» Pour cet entrepreneur, «l’information et la formation sont aussi des leviers essentiels pour réussir l’adaptation dans une période de mutation».
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Gaec Gemin Lemay,
Loiré, Maine-et-Loire Les associés : Michèle et Thierry Lemay ; Yannis Gemin
Un salarié : Cyril
Spécificités
Performances
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Parole de technicien
Les performances d’abord«L’élevage Gemin Lemay s’est engagé dans une double démarche spécifique aux côtés du Gouessant. Pour faire progresser les résultats techniques, en particulier les performances sevrage/vente et la productivité, nous avons mis en place un Itinéraire technico-économique (ITE). Nous nous appuyons sur la GTE, le suivi technique immédiat (STI) avec l’USB (suivi par bande) et le tableau de bord truie pour atteindre les objectifs fixés. Les premiers résultats obtenus sont prometteurs.
Parallèlement, nous avons conclu un contrat de progrès qui vise l’amélioration en continu de nos performances mutuelles dans une logique gagnant/gagnant.» Christian Chamalbide
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