SPECIALISTE DE LA NUTRITION ANIMALE
"La sécurité alimentaire commence
Gabriel et Nicole Robert ont acheté leurs deux premières vaches Frisonnes, en provenance de la Meuse, en 1965. Elles produisaient 12 litres de lait par jour. Aujourd’hui, avec 851 kg de matière utile par vache et par an, le Gaec Robert Frères de Langourla se place troisième sur la Top-liste* de la revue laitière PLM.
Les parents Robert étaient dans les premiers à acheter des Frisonnes, les autres élevages de la zone préférant les Normandes. En 1966, ils déposent un permis de construire pour une étable entravée. Ce dernier est refusé. Ils montent alors une stabulation libre et une salle de traite en 2 x 2 et vendent les Normandes pour racheter des Noires. En 1972, Gabriel achète trois vaches canadiennes Prim’Holstein et deux en 1973, avec « des papiers ». Elles produisent 9 000 kg en moyenne sur huit lactations.
Ces achats marquent le début de la sélection. Sur les vaches Noires sont mis des taureaux Prim’Hlostein. « En 1986, nous avons commencé les concours du départemental jusqu’au concours général à Paris », se souvient Gabriel.
En 1998, Loïc succède à son père et est rejoint par son frère, Florent, en 2001. En 2003, ils installent la stabulation avec logettes paillées et le robot. « Notre objectif a toujours été de produire plus de lait par vache, explique Florent. La Top-liste n’est pas un objectif en soi. »
Les frères Robert expliquent leurs performances par un maïs ensilage de qualité, une complémentation adaptée, une génétique performante, une bonne alimentation des génisses, et, souligne Gérard Routier, leur technicien, « le professionnalisme des éleveurs. La part de l’alimentation pour les génisses de 0 à 24 mois est l’élément clef d’une bonne cavalerie ». L’URCEO est partie prenante dans le suivi génétique du troupeau. « L’objectif, poursuit Florent, est d’avoir à l’auge une ration de qualité en utilisant le Cartal Mix, correcteur azoté à 49,5 % MAT du Gouessant. De la luzerne est ajoutée dans la mélangeuse. Au robot, le plan d’alimentation comporte l’Apétal Brio et le Cartalim Robert, l’aliment à la carte du Gouessant, qui évoluent en fonction de l’analyse de maïs et des quantités distribuées. Nous travaillons dans la régularité. Nous ne changeons jamais l’alimentation, nous la faisons évoluer. »
La devise de la famille Robert : « Toujours regarder devant, ne jamais dire c’était mieux avant ». « Notre père nous a appris à avancer en gardant toujours la même ligne de conduite : faire produire du lait aux vaches, confie Florent. Sans les « pousser », même si cela peut prêter à sourire, avec un niveau de 12 000 kg. Nos vaches vieillissent dans le troupeau. Trois d’entre elles ont produit plus de 90 000 litres de lait dans leur carrière. Nous travaillons sur la quantité de concentré par litre de lait. Alors que toutes les vaches reçoivent la même ration, elles ne produisent pas de la même manière. Nous voulons travailler sur ces différentes valorisations de la ration pour gagner en productivité et gramme de concentré par litre. L’automotrice permet une multiplication des mélanges et l’adaptation des rations à chaque catégorie d’animaux en diversifiant les fourrages et en pesant les quantités distribuées. »
La passion, la recherche d’innovation sont les raisons qui motivent les frères Robert. « Nous observons et nous sommes à l’écoute pour, sans cesse, découvrir de nouvelles marges de progrès, tant au niveau des cultures qu’avec les vaches et nous veillons à garder la même ligne de conduite », concluent-ils.
*La Top-liste se base sur la matière utile du lait (TB et TP multipliés par la quantité de lait produite), d’après les chiffres du contrôle laitier.
Résultats 2007
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