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SPECIALISTE DE LA NUTRITION ANIMALE

"La sécurité alimentaire commence
avec celle de nos élevages"
Groupe Le Gouessant : Spécialiste de la nutrition animale

Le Gaec des Brunes a choisi la ration sèche

Le Gaec des Brunes a choisi la ration sèche

Choisir la ration sèche n’est pas une aberration !

 

Michel Le Calvez, Anita et Jean-Paul Lancien, du Gaec des Brunes à Plougonver (22), ont fait le choix de la ration sèche pour l’alimentation de leurs vaches laitières. Le projet leur trottait dans la tête depuis plusieurs années et la rencontre avec Nicolas Le Bihan, technicien sur le secteur, a motivé sa mise en place.

 

L’exploitation de 120 hectares de surface agricole utile (SAU) est dispersée sur trois sites : 50 hectares autour du bâtiment, 30 hectares à cinq kilomètres et surtout 40 hectares à 22 kilomètres.

Pour nourrir les animaux, du maïs était produit sur cet îlot très éloigné. Il fallait 24 remorques pour ramener l’ensilage de maïs sur l’exploitation. Pour remercier les autres éleveurs, Jean-Paul Lancien passait quatre mois de l’année à travailler les terres de ceux qui n’ensilent pas de maïs (volailler ou producteur de légumes).

«Et quand on est sur le tracteur, on n’est pas autour des animaux pour la surveillance du troupeau, explique Jean-Paul. Les performances étaient mauvaises.»

«Cela faisait trois ans que le projet de passer en ration sèche était en réflexion. Quand nous avons construit le bâtiment en 2008, il avait été pensé pour être adaptable à la ration sèche. Nous en avions discuté avec Nicolas Le Bihan, car notre fabricant d’aliments de l’époque disait que la ration sèche était une aberration en Bretagne», commente Jean-Paul.

En mai 2011, Nicolas leur a proposé de visiter des exploitations. Ils ont fait réaliser une étude économique sur l’impact à passer en ration sèche. «Cette étude, très complète, marque l’incidence du passage en ration sèche sur le troupeau tout en prenant en compte d’éventuels investissements. Cela permet de vérifier qu’il n’y a pas d’incohérence à passer en ration sèche et de chiffrer précisément cette modification dans le fonctionnement global de l’exploitation», précise Nicolas.

Ils ont commencé la ration sèche en septembre 2010 avec une période de transition pour finir les stocks d’ensilage de maïs. À l’époque, ils étaient inquiets sur les modifications de fonctionnement de leur trésorerie. «Nos 80 vaches consomment quotidiennement 1 200 kg d’aliment. Nous avons rencontré Bruno Corre, responsable du Crédit clients de la Coopérative, pour lui présenter notre situation et trouver les meilleures solutions pour le financement de l’aliment en attendant de trouver une routine de trésorerie», indique Anita Lancien.

 

 

1 an après : pas de retour en arrière

 

«Il faut être prêt à passer en ration sèche. Le choc est plus dur pour les éleveurs que pour les vaches.» Pour produire le même volume de lait par jour, il ne faut plus que 80 vaches contre 110 auparavant. «Pour l’instant, nous n’avons pas vraiment gagné en temps de travail car il y avait beaucoup de choses à finir sur le bâtiment. Le temps gagné a permis de terminer des bricoles. Quand nous serons en vitesse de croisière, le gain est estimé à 2 h 30 par jour», commente Jean-Paul.

«Nous avons démarré la ration sèche en septembre. À la clôture des comptes en mars, notre excédent brut d’exploitation (EBE) a doublé grâce au changement de ration.»

La marge brute lait a progressé de 40 €/1000 litres avec, notamment, une diminution des frais vétérinaires et d’élevage. Les consommations de fioul ont été réduites de moitié grâce aux kilomètres roulés en moins du tracteur.

«Le comptable est surpris de voir les nouveaux résultats alors qu’au départ, il n’était pas serein avec ce changement. Sitôt que l’on sort un peu des standards, tout le monde a peur»  explique Anita.

«Avec la ration sèche nous voyons l’avenir sereinement surtout au vu des difficultés de stock d’ensilage de maïs, surenrichit Jean-Paul. Aujourd’hui, nous allons vendre 75 hectares de céréales. Le reste est destiné à la production de foin et de luzerne pour apporter des fibres à notre troupeau.» 

 

 

Les projets repartent

 

Le passage en ration sèche a seulement engendré l’achat de trois nouvelles stations de distributeurs d’aliments concentrés (DAC) et de 18 000 € de paille car le stock de fibres était insuffisant. Les projets à venir sont l’investissement dans des tapis dans les couloirs de circulation et l’augmentation du pourcentage de Brunes dans le troupeau.

«L’efficacité de la ration sèche permet de redémarrer des projets et cela fait du bien au moral. Nous sommes plus sereins et cela se ressent sur les animaux», conclut Jean-Paul.

 

Hervé Dutilh

 


Quelques chiffres


La production est de 29 kg de lait

60 % de Brunes des Alpes

40 % de Prim Holstein

TP 35,5

TB 42,5

Les bonus grâce au taux
sont de 29 €/1 000 litres

 


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Mis à jour le 04/10/2011