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Le Groupe LE GOUESSANT

Rapport d'orientation Assemblée Générale du 5 juin 2009


2008 : année de la crise monétaire et de ses conséquences


Lors de l'assemblée générale du Gouessant, le vendredi 5 juin dernier, Patrick Fairier, président, a  procédé à la lecture du rapport d'orientation que nous rapportons ci-dessous.

«En moins d’un an, nous avons changé de monde. De la croissance, nous sommes passés à la récession. La crise financière s’est vite transformée en crise économique. La perte de confiance dans l’avenir a entraîné une baisse massive des investissements et de la consommation. Dans un premier temps, les secteurs agricoles et agroalimentaires ont résisté. Mais avec les dévaluations importantes de plusieurs monnaies, les marchés à l’exportation se sont progressivement fermés. Ils ont perdu de leur attrait, notamment en Europe de l’Est. De ce fait, le marché français s’est retrouvé déprimé par l’afflux subit de marchandises.
Notre secteur agricole est traditionnellement habitué à gérer des crises liées à la surproduction mais, aujourd’hui, nous sommes confrontés à une baisse de la demande. Une situation nouvelle qui augmente l’inquiétude chez des producteurs déjà fragilisés par les cours et les distorsions de concurrence. Pour autant, l’enjeu alimentaire reste favorable aux agriculteurs avec une population mondiale forte de 3 milliards d’individus supplémentaires d’ici 2050. Et qu’il faudra nourrir. C’est pourquoi Le Gouessant continue de croire en l’avenir de nos productions.
Cependant, il faut se rendre à l’évidence, la société française n’a plus faim et ne souhaite plus tout sacrifier pour sauvegarder sa vocation exportatrice en agroalimentaire. En France, et au-delà dans pratiquement toute l’Europe, de nouveaux besoins sont exprimés, tant au niveau de l’environnement que de la sécurité alimentaire.
 

« Nous devons tous ensemble construire un projet durable. »


Quelle attitude avoir face à ce « divorce » ? Pour Le Gouessant, il faut rebâtir une génération de défricheurs, une génération affrontant la mutation en cours. Car c’est bien d’une mutation majeure et destructrice dont il s’agit. Mais, comme toutes les mutations, elle favorisera la naissance d’une nouvelle période de développement. Il faut donc, non seulement garder confiance dans l’avenir, mais aussi être actifs si nous ne voulons pas être spectateurs de notre déclin. Nous devons tous ensemble construire un projet durable en tenant compte de cinq difficultés majeures :
  • Des conditions économiques difficiles et des marchés de plus en plus volatils, ne laissant que peu de marge à l’amateurisme.
  • Des exigences environnementales et sécuritaires limitant l’industrialisation de la production.
  • Des acteurs de l’aval, transformateurs et grande distribution, s’inscrivant dans une lutte visant à prendre le pouvoir dans les filières afin de capter une part toujours croissante de la valeur ajoutée.
  • Des marchés demeurant majoritairement positionnés sur le «standard» avec des exigences qualitatives croissantes et pas toujours valorisées.
  • Des consommateurs culturellement de plus en plus éloignés du monde de l’élevage et cherchant des éléments nouveaux auxquels ils pourraient accorder leur confiance.
    Un tel cadre condamne une logique exagérément extensive, car le marché ne peut s’orienter massivement vers des niches haut de gamme. Mais, il condamne tout autant une logique trop exagérément industrielle, car elle serait en opposition flagrante avec les nouvelles exigences sociétales.
En fait, il apparaît clairement que l’avenir repose sur la pérennisation d’un tissu important d’exploitations ne remettant en cause ni leur concentration, ni le développement du bio. Quel que soit le modèle, ce besoin de faire rimer économie et écologie implique des exploitations à taille humaine, dirigées par des entrepreneurs responsables. Des éleveurs qui auront la nécessité d’assurer la modernisation, l’adaptation et la professionnalisation de leur élevage.
 

« La recherche d’un commerce équitable au travers
de la promotion de nos produits.
»


En effet, il est essentiel qu’ils conservent en mains les « rênes de leur destin », non seulement pour faire face au pouvoir des transformateurs et des distributeurs, mais aussi pour améliorer les performances technico-économiques de leur élevage. Chaque éleveur doit savoir intégrer les solutions pertinentes proposées par ses partenaires tout en développant ses propres savoir-faire.
Ces exploitations sont aussi les mieux placées pour restaurer la confiance chez les consommateurs. En effet, si les acteurs de la filière se doivent d’être d’une rigueur absolue en matière de traçabilité, ce n’est pas cette approche qui va créer de l’envie chez le consommateur, mais le lien direct avec l’éleveur. Un lien qui devient positif dès lors que l’éleveur est lui-même porteur de certaines valeurs. L’enjeu n’est donc plus aujourd’hui sur le produit, mais sur la recherche d’un «commerce équitable» au travers de la promotion de nos produits. Du cadre évoqué précédemment peut donc découler un vrai progrès porté par des éleveurs capables d’assumer leur responsabilité d’éleveur, c'est-à-dire d’entrepreneur, de vendeur et de citoyen.
C’est pour être à la hauteur de cette ambition que Le Gouessant, depuis trois ans, s’est doté d’un projet, «Les Fermes des 4 Soleils». Un projet qui guide nos actions et que nous consolidons année après année. Nous avons construit la première étape en mettant en œuvre un suivi technique de qualité et en développant les échanges entre producteurs.


Valoriser les savoir-faire


Nous allons entamer la seconde étape, celle de la valorisation des savoir-faire de la Coopérative et de ses adhérents. Au niveau des adhérents, les exploitations engagées dans une démarche de progrès technique et environnemental vont pouvoir être référencées «Fermes des 4 Soleils».
La Coopérative, quant à elle, va promouvoir nos savoir-faire auprès des transformateurs et de la distribution. Il nous reste à construire l’ultime étape, la plus difficile mais aussi la plus valorisante, celle de la vente de nos produits. Nous allons, là aussi, poursuivre nos travaux.
Au-delà de l’engagement des producteurs, notre avenir dépend également de la compétitivité de l’entreprise Le Gouessant. Les bases financières sont, certes, solides. Il n’en demeure pas moins que les charges doivent en être étroitement contrôlées et son personnel mobilisé.
La mobilisation du personnel et aussi des adhérents, sera le facteur déterminant de la réussite de notre projet. Le contrat que nous venons de signer avec les producteurs de Loué récompense cet engagement collectif et illustre le bien-fondé de notre démarche.
En effet, le leader français en production de volailles de qualité a été sensible au savoir-faire des éleveurs et des techniciens Gouessant, à notre compétitivité, et aussi à notre capacité à garantir la qualité et la traçabilité de nos produits.
Le monde a changé et va encore changer : LE GOUESSANT aussi !»

Mis à jour le 16/06/2009