Nouveau mode de distribution permettant tout à la fois de gagner de la place au sol et de faire consommer les animaux, le système auges courtes est encore peu utilisé par les éleveurs.
Résultat : la profession manque de recul pour en apprécier les qualités et les défauts. D’où l’idée des Chambres d’Agriculture de réaliser une enquête sur le sujet.
Fort de son expérience, le service Porc du Gouessant, à l’initiative de Brigitte Petitpas, experte technique, a organisé une restitution de cette enquête lors d’une rencontre avec des éleveurs intéressés par ce mode d’alimentation.
L’occasion pour les éleveurs ayant participé à l’enquête de se retrouver avec Hervé Roy de la Chambre d’agriculture, et de confronter leurs expériences respectives.
« Outre un gain de place non négligeable, précise Hervé Roy, ce système augmente la consommation des porcs du fait de la multiplication par deux ou trois des repas distribués en petites quantités, grâce à des tuyaux de diamètre restreint. »
Le système (Rapidex) permet de visualiser à l’écran la consommation de chaque vanne sous forme de graphiques ou de courbes. Autre avantage, et non des moindres : l’absence de bagarres lors des repas. La hiérarchie s’installe spontanément. Et lorsque les réglages sont bien faits, l’homogénéité des porcs se révèle satisfaisante.
« C’est un système qui me convient bien », reconnaît un éleveur de Saint-Aaron qui a opté depuis quatre ans pour les auges courtes. « Au départ, j’avais prévu d’utiliser des nourrisoupes, mais ça impliquait des installations compliquées et le système proposé par Rapidex me semblait en phase avec mes besoins. Avec le recul, je dirais que ce système, grâce à la sonde , ne demande pas plus de surveillance qu’un autre système. Ce qui est plus complexe peut-être, c’est l’organisation des repas. Mais, dans un cas comme dans l’autre, c’est le cochon qui reste le maître. »
En ce qui concerne les points faibles du système, on notera l’absence de vanne retour qui rend le nettoyage difficile (la soupe est poussée). Le système nécessite également un temps de réglage et d’adaptation de l’installation parfois long et délicat pour l’éleveur qui est également dans l’incapacité d’apporter un traitement médicamenteux aux animaux en cas de besoin, compte tenu de la structure du système.
De même qu’en machine à soupe classique, le contrôle est nécessaire et doit être permanent ,comme le rappelle Brigitte Petitpas : « les risques d’erreurs sont en effet multipliés en fonction du nombre de matières premières incorporées et du nombre de repas servis par jour. »
Il convient donc de vérifier régulièrement la pesée de la soupière et les quantités de soupe distribuées à l’auge.
Il convient également de vérifier la propreté de la cuve. « Malgré le système de nettoyage, insiste Brigitte Petitpas, les éleveurs doivent intervenir manuellement pour que la cuve de fabrication reste propre et éviter tout risque de prolifération de bactéries ». L’expert du Gouessant a encore en mémoire « l’ordinateur d’un éleveur qui comptabilisait de la soupe alors que ce n’était que de l’eau. »
Si ce système d’alimentation, encore peu répandu, se révèle très intéressant pour les éleveurs en quête de gain de place au sol et de consommation, il se révèle également assez complexe.
Pour Hervé Roy comme pour Brigitte Petitpas, « un tel système présente de nombreux avantages, mais demande beaucoup de rigueur et d’observation. Les dérives – si dérives il y a – peuvent être plus rapides qu’avec un système de soupe classique si le système est mal appréhendé. »
D’où la nécessité d’une grande maîtrise de l’installation.
(mai 2008)