SPECIALISTE DE LA NUTRITION ANIMALE
"La sécurité alimentaire commence




Le Gouessant a obtenu la reconnaissance de l’application du guide «Métiers» de la profession pour toutes ses usines, en mars 2007. «Le guide Métiers décrit les bonnes pratiques à déployer pour la fabrication d’aliments composés. Il renforce la démarche certification Iso 9001, explique Pascal Le Paih, responsable qualité du Gouessant. Pour toutes les étapes du process le guide décrit les exigences à maîtriser. Nous sommes audités tous les six mois. Cela peut paraître contraignant. Cependant, c’est un projet qui, dix ans après sa mise en place, continue de vivre avec la même finalité : celle de s’améliorer chaque jour. Ce travail apporte plus de rigueur dans la réalisation des tâches et plus de clarté pour les collaborateurs. Il participe à la transversalité entre les services.» Vis-à-vis de l’extérieur, c’est le droit à produire les aliments volaille repro et chair ainsi que les aliments aquacoles. «Aujourd’hui, sans cette démarche, nous ne pourrions pas accéder à ces marchés. Pour la filière porc, les exigences de sécurité des aliments sont à ce jour moins prononcées. Cela viendra, ne serait-ce que pour les aspects sanitaires qui vont devenir plus importants dans les prochaines années ».
La politique sécurité alimentaire du Gouessant est aujourd’hui bien développée. «La fabrication des aliments est totalement sécurisée et nous avons la reconnaissance d’application du guide des Bonnes Pratiques. Par ailleurs, nous nous appuyons sur des compétences internes et nous nous engageons à renforcer celles de chaque salarié par une politique de formation sur les règles d’hygiène. Nous devons convaincre les producteurs et leurs filières qu’ils ont intérêt à travailler avec nous pour renforcer leurs garanties sanitaires.»
LE GUIDE DES BONNES PRATIQUESExtrait de la préface du Snia/Syncopac (Syncopac ayant fusionné dans la nouvelle structure Coop de France section Nutrition Animale)
«Largement utilisé par les opérateurs du secteur, le premier guide, proposé en 2002, a permis l’harmonisation des pratiques des fabricants d’aliments, depuis l’approvisionnement en matières premières jusqu’à la livraison de l’aliment en passant par les différentes étapes de la fabrication, tout en garantissant un niveau élevé de sécurité des aliments pour animaux. Il répond également aux orientations décrites par la Commission Européenne : maîtriser la sécurité à tous les niveaux de la chaîne alimentaire, de l’amont à l’aval,décloisonner les secteurs pour que les actions de maîtrise soient complémentaires et applicables et forment un tout cohérent. Ces orientations ont largement été reprises et intégrées dans la réglementation au travers, notamment, du « Paquet Hygiène » (lire plus bas).
Le guide a été revu afin de tenir compte de l’évolution des exigences tout en s’inscrivant dans une démarche de progrès. La révision a porté sur l’analyse des risques physiques, chimiques et biologiques identifiés dans les entreprises et des éléments de maîtrise à mettre en oeuvre pour les prévenir (méthode HACCP). Ce guide des Bonnes Pratiques renforce les exigences professionnelles relatives à la qualité bactériologique des matières premières et des aliments. Ce guide est un outil de référence pour la profession de la nutrition animale et pour son environnement professionnel. Il doit servir de référentiel commun pour l’audit des fabricants engagés dans des cahiers des charges de production animales sous signe officiel de qualité.
Par ce guide, l’industrie de la nutrition animale apporte sa pierre à l’édifice de la sécurisation globale des filières animales.
L’HACCP (Hazard analysis critical control point ou système d’analyse des risques : points critiques pour leur maîtrise) est un système de maîtrise des dangers qui menacent la salubrité des aliments dans la chaine alimentaire, comme ce fut le cas en 1999 avec la dioxine dans le poulet. La démarche L'HACCP a d’abord été appliquée dans l’industrie agroalimentaire humaine, puis, depuis le 1er janvier 2006, à l’alimentation animale, via le Paquet Hygiène qui regroupe des règlements européens ayant pour devise : «La sécurité alimentaire, de la fourche jusqu’à la fourchette ». L’objectif étant :
« Face à cette nouvelle réglementation, nous avons dû, pour l’activité alimentation animale, actualiser notre système HACCP mis en place en 1997. Concernant l’activité stockage de céréales, rien n’avait été fait jusqu’à cette année et nous avons entrepris la démarche », explique Pascal Le Paih. Sept groupes de travail ont été mis en place sur l’ensemble des établissements du Gouessant. L’objectif étant d’analyser les risques associés aux dangers :
« Nous avons réuni dans chaque groupe des personnes dont les compétences techniques permettaient une revue exhaustive des risques : responsable industriel, technicien de maintenance, vétérinaire, formulateur, qualiticien », précise Pascal Le Paih.
Il s’agit de procéder à une revue de l’ensemble des étapes du process de l’usine afin d’identifier la nature des risques potentiels, en établissant un arbre des causes. Toutes les éventualités d’erreurs sont analysées. Une cotation de la criticité est réalisée en multipliant la gravité, la fréquence d’apparition et la détectabilité du risque. Cette cotation tient compte des éléments de maîtrise déjà en place dans l’entreprise (système Qualité). « Pour le paramètre gravité, la grille intègre la possibilité d’atteindre le consommateur final, qui est notre préoccupation. La démarche est intéressante, car il faut se poser toutes les questions et s’assurer que tout est maîtrisé sur l’ensemble du process de fabrication. Cette étude aboutit à la détermination de points critiques (CCP : critical control point ou point critique pour la maîtrise). Lorsqu’ils existent, il faut assurer une surveillance permanente pour prévenir ou éliminer le danger. »
Lien : Paquet Hygiène