Audit bâtiment : un outil de pilotage à part entière

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07 avril 2026

Au-delà du simple contrôle technique, l’audit bâtiment sécurise les investissements et améliore les performances de l’élevage. Disponible pour toutes les filières animales, il est un véritable outil de pilotage.

Problèmes de conception, d’installation, de réglage ou d’utilisation… Nombreux sont les paramètres qui, dans un bâtiment d’élevage, peuvent affecter les résultats technico-économiques. Que ce soit sur un bâtiment à construire, à rénover ou en cours d’exploitation, un audit bâtiment offre de nombreux leviers d’amélioration. Cette analyse complète, méthodique et objective passe en revue tous les éléments qui influencent les performances et l’ambiance : implantation, étanchéité, entrée et sortie d’air, lumière, système d’alimentation, de refroidissement ou d’abreuvement, etc. « Sur une journée, nous examinons plus de 1 000 points de contrôle grâce à un questionnaire standardisé », explique Jean-Luc Martin, auditeur et fondateur de Tell Élevage. À la fin de l’audit, un plan d’action est remis à l’éleveur. Un niveau de criticité et un ordre de priorité l’aident à identifier les actions qui nécessitent de simples réglages, des interventions spécialisées ou des investissements. L’audit est réalisable pour toutes les filières animales.

Un cercle vertueux

Outre les performances technico-économiques, la bonne conception d’un bâtiment a un impact positif sur le bien-être et la santé des animaux, les consommations en énergie et l’émission d’ammoniac. « Tout est lié : quand l’ambiance du bâtiment est bonne, le comportement des animaux est meilleur, moins de médicaments sont nécessaires, les résultats progressent, l’éleveur fait des économies et améliore son bien-être au travail… C’est un cercle vertueux », affirme Jean-Luc Martin. Or, « la sous-ventilation est la première anomalie que nous observons durant les audits », constate Delphine Gorin, technicienne Bâtiment Porc à la Coopérative. Comme le rappelle Sophie Ambrois, responsable du développement technique Porc chez Le Gouessant, « le premier aliment de l’animal, c’est l’air. Par exemple, un circuit d’air non optimal lié à un mauvais dimensionnement et/ou à un mauvais réglage de la ventilation peut occasionner des dégradations importantes des performances des animaux (indice de consommation, croissance, problèmes respiratoires, mortalité) ». La consommation d’antibiotiques peut aussi augmenter, ainsi que les comportements déviants. « En élevage porcin, de plus en plus de vétérinaires nous appellent pour régler des problèmes de caudophagie », confirme Jean-Luc Martin. Un éleveur de porcs souhaitant conduire des animaux avec la queue entière doit d’ailleurs être particulièrement vigilant quant à l’ambiance du bâtiment.

Sécuriser un projet de bâtiment

Autre point de vigilance souvent minimisé : l’étanchéité du bâtiment. « J’ai audité un bâtiment dont 60 % de l’air seulement passait par les points d’entrée prévus. Le reste passait par des trous, avec une arrivée directement sur les animaux. Il suffisait donc de les boucher pour améliorer la ventilation et avoir un bâtiment qui fonctionne mieux », témoigne-t-il. Les audits bâtiment montrent que des corrections parfois simples améliorent durablement les performances. « La pose de capteurs est notamment intéressante pour mesurer objectivement les évolutions de divers paramètres d’ambiance suite aux changements effectués », conseille Sophie Ambrois. Toutefois, l’audit ne concerne pas que les éleveurs insatisfaits de leurs résultats. Il est recommandé de l’effectuer aussi avant la construction ou la rénovation d’un bâtiment. En effet, il arrive que des défauts de conception, parfois liés à des arbitrages économiques de la part du porteur de projet, passent inaperçus jusqu’à la mise en production du bâtiment. « Un diagnostic en amont permet d’alerter l’éleveur sur des défauts, afin qu’il décide en toute connaissance de cause », souligne l’auditeur. Pour ces bâtiments qui n’existent pas encore, l’audit passe par une analyse des documents fournis par les entreprises des différents corps de métier investis dans le projet.

Une réflexion collective

Dans tous les cas, l’audit est réalisé en concertation avec les acteurs qui accompagnent l’éleveur régulièrement, comme le vétérinaire, le technicien d’élevage ou le technicien Bâtiment de la Coopérative. « Cette communication permet, par exemple, de faire le lien entre un point soulevé dans l’audit et une pathologie », illustre-t-il. La complémentarité des expertises peut aussi inciter davantage les éleveurs à agir. En effet, un audit n’a de valeur que s’il débouche sur des actions concrètes ! Si vous êtes intéressés, n’hésitez pas à contacter votre technicien Bâtiment Le Gouessant.