Dans un contexte de fortes attentes sociétales sur les questions environnementales, les services Porc et Environnement de la Coopérative ont renforcé leur dispositif d’accompagnement pour les éleveurs porteurs de projets d’installation ou d’extension d’élevage porcin.
Dans une approche globale, Le Gouessant a toujours accompagné les éleveurs dans l’étude de leurs projets d’installation ou de développement d’exploitation. « Lors d’un nouveau projet, les exploitants soumis à la réglementation des installations classées agricoles doivent déposer un rapport d’étude auprès de la DDPP(1) qui est instruit et validé par le Préfet », rappelle Sylvie Guitton, responsable du service Environnement. Dans certains cas, ces rapports doivent passer en consultation du public où ils sont visibles et examinés de tous. « L’environnement et les attentes sociétales sont de plus en plus au coeur de l’acceptation d’un projet d’élevage, confirme André Fertil, responsable commercial marché Porc. Les questions des riverains sont de plus en plus fréquentes. Il arrive même qu’un dossier irréprochable, techniquement légitime, respectant à 100 % la réglementation environnementale et validé par la préfecture soit contesté, ce qui peut compromettre la réalisation du projet ». Pierre Cloarec, éleveur à Kergloff (29), en a fait l’expérience. « Il y a trois ans, j’ai déposé un dossier pour implanter une nouvelle porcherie car il me manquait de l’engraissement. J’ai rencontré quelques soucis lors de la consultation
publique. J’ai finalement préféré abandonner car cela devenait trop compliqué à gérer humainement », témoigne-t-il.
(1) Direction Départementale de la Protection des Populations

Savoir vulgariser et valoriser
Pour mieux préparer les éleveurs à cette phase de consultation, la Coopérative propose depuis deux ans un nouveau dispositif. L’objectif est d’aider les exploitants à répondre aux questions qui pourraient être soulevées lors d’une réunion publique, d’un conseil municipal, ou même à la sortie de l’école. « Nos rapports deviennent techniquement plus complexes afin de répondre au contexte réglementaire, reprend Sylvie Guitton. L’éleveur doit être capable de vulgariser son dossier ». Dès le dépôt, le service Environnement, le service Porc et le service Communication de la Coopérative surveillent tout ce qui pourrait alerter, y compris les commentaires sur les réseaux sociaux. Ils préparent pour l’exploitant un résumé du rapport « non technique ». Puis le responsable de projet, accompagné du service Communication, rencontre l’éleveur pour le coacher. « Les éleveurs ont déjà de multiples casquettes. Ils doivent aussi aujourd’hui être communicants. L’idée est qu’ils sachent exposer leur projet à des non-initiés avec des chiffres clairs et des mots simples, sans jargon technique propre à notre métier. Unité d’azote, indice de consommation, ça ne parle pas à tout le monde ! Qu’ils sachent aussi valoriser leurs engagements et les efforts qu’ils réalisent dans le domaine de l’environnement : épandage à l’hectare, récupération des eaux, production et économies d’énergie, bien-être animal… Ils vont parfois bien au-delà du réglementaire », souligne André Fertil.
Rassurer et prévenir
Cet accompagnement vise aussi à rassurer les éleveurs et les préparer psychologiquement, car lorsqu’un élevage est attaqué, la période peut également devenir difficile à vivre pour la famille. « Suite à notre premier refus, nous avons monté un autre projet, sur un autre site, reprend Pierre Cloarec. Nous avons craint que le même scénario se reproduise. Mais cette fois, la Coopérative a pris les devants. Savoir quoi répondre aux questions d’un maire, d’un riverain, d’un journaliste, tout a été mis en place pour faire face à toutes les éventualités. C’est important car communiquer, ce n’est pas notre métier. La phase d’avis du public est passée sans que j’aie eu à mettre en œuvre ce que nous avions préparé. Mais si j’avais eu à le faire, je me sentais davantage prêt que la première fois. Être entouré ainsi met en confiance ».
Soutien moral
La préparation est avant tout préventive, mais si la situation l’exige, notamment en cas de contestation du dossier, l’équipe de la Coopérative reste mobilisée pour apporter son soutien. En 2023, Virginie et Sébastien Penven, du GAEC des Korrigans, à Baye (29) ont déposé un dossier pour réaliser une extension de 40 truies sur leur élevage, tout en passant au modèle Physior©. Le rapport était soumis à consultation du public. « Le plan d’épandage s’étendait sur plusieurs communes et très vite, la machine médiatique s’est emballée, témoigne Virginie. On ne s’y attendait pas du tout, d’autant que notre projet était axé sur l’amélioration du bien-être animal. Tout a commencé par des tracts sur les marchés, puis les articles dans les journaux se sont multipliés. Au point que nous avons dû faire jouer notre droit de réponse dans la presse, envoyer des courriers pour défendre nos valeurs auprès des communes concernées, présenter notre projet aux conseillers municipaux de l’une d’elles et participer à une réunion publique dans une autre. À chaque étape, nous avons été accompagnés par la Coopérative, tant sur la stratégie à adopter, que sur les arguments à opposer. Ça a été un vrai soutien, pratique et moral. La réunion publique a calmé les esprits, car nous avions été très bien préparés ». Sylvie Guitton conclut : « Notre approche technique garantit un dossier solide et défendable sur le plan environnemental. Doublée du coaching du service Porc, c’est l’assurance pour l’éleveur de mettre toutes les chances de son côté pour que le projet aboutisse ».