À Languidic (56), Pauline et Ronan Bernard conduisent deux bâtiments de poulets lourds sexés. Après une installation difficile, le couple décide de rejoindre Le Gouessant en juin 2024. Avec de simples réglages et un bon suivi, les résultats technico-économiques décollent.
En 2023, Pauline Bernard reprend un élevage de poulets lourds sexés sur la commune de Languidic (56). Elle conduit deux bâtiments de 19 500 animaux chacun, liée par un contrat avec un groupement agricole. Malheureusement, l’installation ne se passe pas comme prévu : la jeune éleveuse se sent isolée et sa motivation s’étiole. Ronan Bernard, son mari et bientôt son associé, se souvient : « nous débutions : nous avions besoin de suivi et d’écoute. Nous perdions de l’argent et nous ne nous sommes pas sentis accompagnés. » Affectée par la situation, Pauline se met en retrait de la partie technique et se consacre à l’administratif. Ronan devient conjoint-collaborateur. En juin 2024, il décide de quitter le groupement pour adhérer à la coopérative Le Gouessant : « la structure me semblait plus familiale et je connaissais des éleveurs adhérents qui étaient satisfaits. » Grâce à des petits ajustements et à un suivi rapproché, la marge de l’atelier augmente d’environ 4 €/m2 par lot en quelques mois, soit 40 000 € supplémentaires pour tout l’atelier… sans investissement ! « Notre objectif, c’est d’accompagner les jeunes installés en sécurisant leur marge. Cette amélioration rapide des résultats technico-économiques leur redonne confiance… et leur permet de se sortir un salaire ! », affirme Brigitte Le Dorner, technicienne chez Le Gouessant.

Une remise à plat du suivi
« En arrivant à Ty Pauline, nous avons proposé de tout remettre à plat. Les bâtiments et les installations étaient en bon état, l’élevage avait tout pour fonctionner. » Une vétérinaire de la Coopérative vient alors sur l’exploitation pour revoir le programme de prophylaxie et vacciner les poussins au démarrage. À la demande de Brigitte, l’installateur vient plusieurs fois sur place pour régler la ventilation. La technicienne revoit tous les petits points techniques : hauteur des gamelles et des pipettes, ouverture des trappes… « Il a suffi de régler le matériel existant et d’avoir les bons conseils pour que l’atelier fonctionne », affirme Ronan. Brigitte est également présente dès le démarrage des lots, afin de constater la qualité des poussins et gérer les aspects liés à la livraison. En cours de bande, Ronan peut compter sur elle lors d’échanges réguliers par téléphone ou de visites de routine. Il a aussi changé de cabinet vétérinaire pour les analyses sur les poulets, afin de bénéficier de plus de proximité et de dialogue.
Accompagner par la pédagogie
Pour aider les éleveurs à améliorer la qualité de l’eau, Laurent Guillot, spécialiste de l’eau en élevage à la Coopérative, est venu sur place. « L’eau du forage contenait trop de fer et de manganèse », explique Ronan. Des filtres sont installés en sortie de forage, un complément en chlorure de calcium compense le manque de dureté de l’eau, la chloration est adaptée à l’élevage… et, surtout, Laurent prend le temps d’expliquer chaque étape aux éleveurs. Brigitte insiste : « notre rôle, c’est d’expliquer comment et pourquoi faire les choses de telle ou telle manière, afin de rendre l’éleveur autonome. Nous discutons de tout. Quand nous ne sommes pas d’accord, nous argumentons. Ronan reste le pilote de l’élevage. » Par ailleurs, pour faciliter le planning d’abattage et le suivi de production, Ronan utilise l’outil Aunéor. Il saisit chaque jour les données techniques du lot. De son côté, Brigitte peut suivre l’élevage à distance pour plus de réactivité. Autre avantage de l’outil : l’éleveur peut comparer les performances de ses lots.
Engagement Nature d’Éleveurs
Pour sécuriser leurs débouchés, les éleveurs se sont engagés dans la démarche Nature d’Éleveurs. Portée par le groupe LDC, cette certification impose le respect de certaines exigences, notamment en termes de bien-être et santé animale. Les bâtiments doivent comporter des fenêtres sur au moins 3 % de leur surface. Un confort pour les poulets comme pour Ronan, qui souligne l’ambiance agréable des bâtiments baignés de lumière naturelle. Les animaux bénéficient de perchoirs et de substrats à picorer, ce qui favorise l’expression de leurs comportements naturels. La baisse de densité du bâtiment contribue également au bien-être des animaux. Chez Ty Pauline, la qualité de la litière sur dalle béton préserve la santé des pattes : ici, le taux de pododermatites est très bas. Autre atout pour les éleveurs : la valorisation de 38 €/t. Les audits ont lieu tous les ans, voire tous les 3 ans en cas d’évaluation à plus de 90% de réussite.
Des projets d’investissement
Pour augmenter leur note, les éleveurs peuvent rentrer leurs observations animalières dans Ébène®, un outil de l’ITAVI. « Dans les faits, peu d’éleveurs le font car ça prend du temps. En tout cas, à Ty Pauline, on remarque rapidement que les poulets s’étirent, se développent bien, se perchent et jouent ensemble. Des poulets qui vont bien, ce sont des poulets performants et des éleveurs heureux », apprécie Brigitte. Aujourd’hui, la consolidation des résultats permet au couple d’envisager des projets d’investissement : « nous allons rénover un 3e bâtiment de 800 m2 présent sur l’exploitation. Nous en profiterons pour remettre la pompe du forage à neuf. » Les éleveurs souhaitent aussi réhabiliter un hangar de stockage et installer des panneaux photovoltaïques pour de l’autoconsommation. « Il ne nous manquait pas grand-chose pour y arriver : parler, apprendre, comprendre et se remotiver ! », conclut Ronan. Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, nous leur souhaitons tous nos vœux de bonheur, puis qu’ils viennent d’accueillir Audric, leur 3e enfant !