En 2024, les équipes de la filière Porc ont mis au point, au bout de deux années de recherches, de tests et de validation sur le terrain, une gamme d’aliments qui accompagne davantage le confort de la truie dans un contexte d’hyperprolificité renforcée.
Si la truie était à l’honneur en 2024, les équipes ont clairement souhaité orienter leur attention sur les moyens d’accompagner les éleveurs dans la gestion de l’hyperprolificité de la truie, c’est-à-dire en préservant l’état de celle-ci et en soutenant la qualité des porcelets. « En 10 ans, l’effectif des portées de porcelets a augmenté de plus de 15 % tandis que la consommation d’aliments est restée la même, indique Gwénola Ramonet, cheffe produit en aliment Porc. D’année en année, l’alimentation doit donc s’adapter à la productivité. » Le nombre de sevrés moyen par truie est passé de 11,5 par portée en 2013 à 13,5 en 2024. Cette hyperprolificité, qui découle d’une sélection génétique de plus en plus poussée, rend les animaux plus sensibles à tous les changements, quels qu’ils soient. « Le passage de la salle de gestation à la maternité peut provoquer des constipations ou de la nervosité, par exemple », note Gwénola Ramonet. « Ce sont autant de fragilités à prendre en compte. » Car si la truie n’est pas bien, cela a un impact sur les porcelets. « Par ailleurs, si l’on sèvre de plus en plus de porcelets, leur poids a aussi
tendance à baisser. »

Supervision du forage à la pipette
Avant la mise en route du forage, Laurent procède à un nettoyage mécanique des canalisations (injection d’air et d’eau sous pression). Un entretien du déferriseur est alors conseillé pour réduire les quantités de fer (de 320 à 51 μg/L) et de manganèse (de 292 à 35 μg/L). Ensuite, il faut potabiliser l’eau destinée aux volailles : « nous avons d’abord fait des analyses physico-chimiques pour choisir le bon désinfectant. » Une désinfection par chloration (DCCNa) est ainsi réalisée et une cuve de stockage de 10 m3 est installée. Toutefois, à ce stade, le pH de l’eau s’avère trop élevé à la sortie du déferriseur (7,6). Or, ce paramètre peut nuire à la bonne digestibilité des aliments, avec un risque accru de fientes liquides. Il prescrit donc une acidification de l’eau et des pompes doseuses adaptées pour injecter ce type de produits. Actuellement, un mélange d’acide minéral et d’acides organiques permet d’atteindre cet objectif.
L’importance d’un suivi régulier
« Une poule consomme environ deux fois plus d’eau que d’aliment. Donc, si la qualité de l’eau est mauvaise, l’impact sur sa santé est important », rappelle Laurent. Un suivi régulier est indispensable : « nous avons des kits de contrôle en élevage, pour vérifier la chloration et le pH. La qualité bactériologique est contrôlée deux fois par an en laboratoire. Par ailleurs, nous faisons des purges régulières de pipette pour éviter l’encrassement», illustre Guillaume. Sa collaboration avec le technicien est fluide et traverse les années : « quand j’ai besoin, je l’appelle ! Son appui est important pour éviter des complications. »