L’alimentation au service du confort de la truie

#eau
24 février 2026

En 2024, les équipes de la filière Porc ont mis au point, au bout de deux années de recherches, de tests et de validation sur le terrain, une gamme d’aliments qui accompagne davantage le confort de la truie dans un contexte d’hyperprolificité renforcée.

Si la truie était à l’honneur en 2024, les équipes ont clairement souhaité orienter leur attention sur les moyens d’accompagner les éleveurs dans la gestion de l’hyperprolificité de la truie, c’est-à-dire en préservant l’état de celle-ci et en soutenant la qualité des porcelets. « En 10 ans, l’effectif des portées de porcelets a augmenté de plus de 15 % tandis que la consommation d’aliments est restée la même, indique Gwénola Ramonet, cheffe produit en aliment Porc. D’année en année, l’alimentation doit donc s’adapter à la productivité. » Le nombre de sevrés moyen par truie est passé de 11,5 par portée en 2013 à 13,5 en 2024. Cette hyperprolificité, qui découle d’une sélection génétique de plus en plus poussée, rend les animaux plus sensibles à tous les changements, quels qu’ils soient. « Le passage de la salle de gestation à la maternité peut provoquer des constipations ou de la nervosité, par exemple », note Gwénola Ramonet. « Ce sont autant de fragilités à prendre en compte. » Car si la truie n’est pas bien, cela a un impact sur les porcelets. « Par ailleurs, si l’on sèvre de plus en plus de porcelets, leur poids a aussi tendance à baisser. »

 

Travail en synergie

C’est donc sur la base de ce constat et pour répondre à ces problématiques que les équipes (conseillers techniques, nutritionnistes, technico-commerciaux, formulateurs, vétérinaires) ont réuni leur expertise et travaillé main dans la main pour entamer une démarche de recherche d’informations et d’essais en élevage. Le Gouessant privilégie en effet une méthode de travail multicanale, étudiant de front les techniques d’élevage, l’alimentation, les conditions de logement, les questions sanitaires ou les aspects vétérinaires, pour aboutir à un suivi et des conseils au plus près des problématiques propres à l’élevage. Ainsi, l’EARL Pennec, à Trégarantec (29), a bénéficié d’un accompagnement qui a permis aux responsables de corriger la gestion du stress avant l’IA ou de revoir les pratiques autour du sevrage, avec la mise en place de la distribution de sucre et de vitamines (lire aussi en encadré ci-contre). « Le prochain axe de travail dans cet élevage concernera la gestion du syndrome 2e portée. L’évolution du système d’alimentation en maternité (doseurs connectés) devrait aider en ce sens », indique Elise Bellec, technicienne Le Gouessant.

Un programme alimentaire efficace

Concernant l’alimentation, les leviers à actionner diffèrent selon le stade physiologique de l’animal (gagner en poids de naissance pour la gestante, booster la production laitière en épargnant les truies ou gérer les diarrhées néonatales pour les allaitantes…). Néanmoins, l’objectif reste le même, quel que soit le stade physiologique : trouver un programme alimentaire adapté, qui simplifie la vie de l’éleveur et améliore le bien-être de la truie. Le concept Live intervient ainsi sur une révision de la formulation, avec un large panel de nutriments et de vitamines adaptés à chaque stade physiologique, au plus près des besoins de l’animal : « sur la base des avancées permises par les gammes Gestale et Maternale, le concept Live ouvre la voie à de nouvelles améliorations du bienêtre de la truie. » Le concept Live et sa nouvelle formulation permettent en effet de travailler sur tous les niveaux de l’alimentation, du macro (par un apport renforcé en fibres et un apport maintenu en énergie) au micro (magnésium pour le transit, sorbitol pour le foie, piments pour la régulation de la chaleur, sangrovit pour lutter contre l’inflammation…). « Les levures utilisées comme probiotiques agissent ensuite en synergie avec l’apport en fibres, car elles aident à digérer celles-ci dans le gros intestin », indique Gwénola Ramonet, qui résume : « L’apport en quantité reste le même, mais chaque nutriment est renforcé. » Le concept vise « le confort de la truie, la tranquillité de l’éleveur… et celle du commercial ! », sourit la cheffe produit.

Premiers retours très positifs

La mise au point du concept Live – qui, comme son nom l’indique, s’intéresse au « vivant », c’est-à-dire en l’occurrence au microbiote – a nécessité deux ans de tests et de validation avant d’être proposé en 2024 aux éleveurs sous sa forme commerciale. Les premiers retours s’avèrent très positifs : un élevage a par exemple enregistré une baisse significative du taux de perte sur nés totaux (de 23,9 % à 17,4 %) en maintenant le poids de portée de 111 kg au sevrage. « La baisse du taux de perte s’explique par la bonne vitalité des truies en maternité », commente Gwénola Ramonet. Le concept Live accompagne le degré croissant de technicité et aide les éleveurs dans la gestion des périodes sensibles, que ce soit la première gestation, la péri mise-bas, le début ou la fin de lactation…, sachant que c’est « pendant la lactation que se jouent le potentiel de la truie et celui de sa portée : la truie doit fournir assez de lait de qualité et doit sortir en bon état de sa lactation », rappelle Gwénola Ramonet.

Ludivine Lamour, EARL Pennec à Trégarantec (29)

Au bout d’un an de suivi, au moment où elle a repris l’élevage, Ludivine Lamour observe les effets rapides opérés par le changement de gamme d’aliments en gestante et allaitante avec un passage en gamme HP. « Grâce à l’accompagnement d’Elise Bellec et au bon suivi technique, qui nous a notamment permis de revoir l’alimentation en quantité au milieu de la gestation, les truies sont très en état. Le nombre de sevrés a nettement augmenté, pour atteindre 14 sevrés de moyenne et des bandes à près de 14,5. » Avec le nouveau bâtiment en cours de construction, l’accompagnement va désormais se poursuivre pour la mise en liberté des truies et la réharmonisation démographique du troupeau et des bandes.

Yannick Onno, responsable de la maternité collective de la SCEA Porc Yvel à Mauron (56) en génétique hypo

La maternité Porc Yvel suit les évolutions de la gamme d’aliments Saint-Jacques (aujourd’hui Sereni Hyper et Lactimax Live) depuis 10 ans et se dit très satisfaite de ses résultats technico-économiques. « Ce que l’on vise, c’est de beaux cochons avec moins de boulot pour l’éleveur« , présente Yannick Onno, qui annonce 13,8 sevrés par portée et souhaite aller jusqu’à 14.