Le porc : mon métier de cœur

#bio #porc
10 août 2017

« Dans le fond, j’ai toujours voulu élever des cochons et être entrepreneur. Avec de l’obstination, je vais y arriver ! » s’exclame l’éleveur qui a rejoint ses parents sur l’exploitation familiale pour y créer un atelier de porcs bio.

Jean-Hugues Tiriau éleveur de porcs bio à Bais (35)

« Les portes du marché du travail se sont ouvertes devant moi. J’ai d’abord été technico-commercial en porc bio à l’UFAB, puis en porc conventionnel au Gouessant, avant de devenir responsable de marché dans une entreprise agricole de vente en ligne » témoigne-t-il. Pour autant, l’idée de s’installer lui trottait dans la tête.

Après deux ans de salariat agricole mis à profit pour mûrir son projet, le voilà de retour sur l’exploitation familiale de La Grande Villatte (Bais, Ille-et-Vilaine). Ses parents, producteurs laitiers et engraisseurs de porcs en conventionnel, l’ont accueilli à bras ouverts. « Le projet a été raisonné de façon à dégager des revenus décents pour la période de fin d’activité de mes parents qui sont proches de l’âge de la retraite. Il est aussi en phase avec mes centres d’intérêt et s’inscrit dans une dynamique porteuse d’avenir » résume Jean-Hugues. Le jeune éleveur de 34 ans a choisi de relancer l’atelier porcin de l’exploitation à sa façon. Il vient de réhabiliter les anciens engraissements pour y créer un bloc de 70 truies (gestantes et maternité) sur paille. Il construit, à proximité, un post-sevrage et un engraissement neufs de 576 places, sur paille également.

 

« Mon choix, de cœur et de raison, s’est porté sur le bio dont la consommation ne cesse de progresser : +20 % en 2016. La France étant loin d’être autosuffisante en produits bio notamment d’origine porcine, j’ai confiance dans ce marché que je connais bien. Ce qui a fini par me décider, c’est la possibilité de pouvoir, grâce au Gouessant, contractualiser mon prix de vente sur 10 ans à un niveau me garantissant une rentabilité correcte moyennant de bonnes performances. » Jean-Hugues a investi 850.000 € dans son installation, dont 550.000 € dans les bâtiments et équipements.

Les plans de l’atelier, conçus avec l’aide du service bâtiment, se veulent « pratiques et performants avec une bonne isolation, un système d’alimentation en soupe et un curage mécanisé. »

Grâce à ses anciens collègues de l’UFAB, Jean-Hugues a pu trouver du plan d’épandage en bio. « Il n’est pas exclu qu’à moyen terme les céréales bio de mon prêteur de terres viennent nourrir mes porcs. »

Aujourd’hui, il se dit « impatient de démarrer. » Alors que les cochettes s’ébattent déjà dans la paille fraîche, les premières mises bas sont attendues en octobre prochain et les premières ventes en mars 2018. D’ici là, le jeune installé risque de « se sentir plus maçon qu’éleveur. »