Porc : La certification environnementale sécurise les débouchés

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09 août 2022

C’est officiel, cinq producteurs de porcs Le Gouessant ont obtenu la certification environnementale. Une démarche peu contraignante avec à la clé le précieux sésame permettant de s’assurer des débouchés.

« Nous avons été sollicités par un abattoir qui demande des produits certifiés pour répondre à des marchés public », relate André Fertil, responsable commercial marché Porc. Des éleveurs susceptibles de répondre aux critères requis pour la certification environnementale CE2 ont été identifiés. « Les exploitations Fermes 4 soleils et Terres de Breizh sont proches de ce qui est demandé ». Cinq éleveurs sont à présent certifiés pour honorer ce marché de 400 porcs semaine.

Disposer des cahiers d’enregistrement des pratiques à jour est le point de vigilance majeur.

Comment ça se passe ?

Première étape, valider le niveau 1 au travers de 65 questions. « S’il y a une seule réponse négative, ça ne passe pas », met en garde Éric Philipot, conseiller environnement. Mais pas de panique. « Les questions portent sur le respect de la réglementation, tous les éleveurs ont validé sans difficulté ». S’il y avait un doute sur la compréhension d’une question,  Éric faisait le lien avec l’organisme certificateur pour apporter la précision utile. Deuxième étape, l’agriculteur formalise sa demande de certification tandis que Le Gouessant rassemble et envoie à l’organisme les documents nécessaires à l’audit.

L’audit le jour J

Éric est présent pour accompagner l’exploitant lors de la demi-journée d’audit. Sur place, l’auditeur vérifie le niveau 1 puis rentre dans le détail des documents. Plan de fumure, plan d’épandage, cahiers d’enregistrement des interventions de fertilisation et phytosanitaires sont passés au crible. Ensuite, un petit tour sur quelques parcelles pour évaluer la conformité des éléments sur le terrain. L’auditeur examine également que les stockages d’effluents sont sans fuite et bien entretenus. De retour au bureau, il établit son bilan en précisant les écarts majeurs et mineurs. Exemple d’écart majeur : ne pas pouvoir fournir le plan d’épandage. Exemple d’écart mineur : ne pas indiquer le phosphore dans le cahier de fertilisation, ou encore ne pas préciser dans le registre la cible et le facteur déclenchant pour une intervention phytosanitaire. Un plan d’actions écrit précise la réponse aux écarts et le délai imparti pour les résoudre. Si les écarts majeurs doivent être corrigés dans les semaines suivantes, les écarts mineurs devront être rétablis pour l’audit de mi-parcours 18 mois plus tard.

Une reconnaissance

«Là où il faut être vigilant, c’est d’être à jour de ses documents, bien remplir le plan de fumure, les cahiers d’enregistrement. Une question d’habitude », rassure Éric. La certification environnementale CE2 n’impose pas de seuil et n’implique pas de changer de pratiques. «C’est juste une obligation de moyens, pas de résultat ». Quelques jours après l’audit, le producteur reçoit son certificat valable trois ans.

« C’est une reconnaissance du travail de l’éleveur et de sa sensibilité environnementale. Cela le responsabilise et l’encourage à aller au-delà ». Et face à un marché du porc parfois fébrile, la certification rassérène. Elle apporte une sécurisation du débouché et une plus-value sur le prix de vente.