Recyclage : la filière de collecte et traitement des déchets agricoles face à un défi de taille

#environnement
26 mai 2021
enrubannage
L’enrubannage est collecté et revalorisé pour la fabrication des sacs-poubelles.

Le saviez-vous ? La loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (dite AGEC) prévoit la fin des emballages en plastique à usage unique à compter de 2040 et de tendre vers 100 % de plastique recyclé à partir de 2025. À ce titre, la loi prévoit que les producteurs – c’est-à-dire les personnes responsables de la mise sur le marché de certains produits – soient rendus responsables du financement et de l’organisation de la gestion des déchets issus de ces produits en fin de vie. Et, il y a fort à parier que demain, les agriculteurs soient dans l’obligation de pouvoir justifier la prise en charge de leurs déchets par une filière de recyclage adéquate. Un changement de paradigme auquel la Coopérative se prépare !

« Le tri est devenu un réflexe à la maison, mais nous devrions pouvoir trier partout et tout le temps, y compris dans les exploitations agricoles » témoignage Lisa Bille. Chargée des déchets d’exploitation au sein de la coopérative Le Gouessant, elle vient de mener une enquête auprès de 2 180 adhérents dans le but de mieux connaître les types et volumes de déchets générés sur les exploitations, et de mettre en place des filières de traitement et de valorisation adaptées.

Une filière en marche

En agriculture, l’éco-organisme le plus connu est A.D.I.VALOR. C’est lui qui définit les modalités techniques de gestion des différents intrants agricoles en fin de vie, du tri chez l’agriculteur jusqu’au traitement final. 20 flux de collecte ont déjà été mis en place entre 2001 et 2020. C’est le cas des bidons plastiques, big bags, sacs papier, films plastiques, bâches, enrubannage, ficelles et filets… Mais, pour Lisa Bille, « nous devons aller plus loin et développer de nouvelles filières de traitement si nous souhaitons tenir l’objectif de recycler 100 % des déchets plastiques d’ici 2025. »

Collecter plus pour recycler plus

Parmi les déchets jugés comme prioritaires pour le recyclage, la Coopérative a identifié :

  • Les Équipements de Protection Individuelle liés à la biosécurité en élevages (cottes, surbottes, charlottes, gants…) ;
  • Les produits nutritionnels (seaux et autres emballages plastiques) pour lesquels une opération pilote sera probablement
    menée dans le Grand Ouest dès 2022 ;
  • Les produits vétérinaires en aviculture (aujourd’hui, seule la production porcine possède sa propre filière de recyclage par incinération).

Elle souhaite également contribuer au développement de la filière ENSIVALOR, spécialisée dans le recyclage des pneus utilisés pour le lestage des bâches d’ensilage.

Simplifier le dispositif actuel

« La filière de recyclage n’a pas su séduire chez une majorité d’agriculteurs », affirme Lisa Bille. « Nous travaillons actuellement avec l’UGPVB, A.D.I.VALOR et une dizaine d’organisations de producteurs à optimiser le dispositif et faire en sorte que demain, collecte rime avec simplicité. Concrètement, nous réfléchissons au choix du mode de gestion le plus adapté : multiplier les dates de collecte sur l’année, rallonger la durée de collecte aujourd’hui portée à une semaine, revoir la séparation des flux, imaginer une collecte itinérante d’exploitation en exploitation… Toutes les pistes sont étudiées ! »

La Coopérative en chiffres

135 collectes de déchets organisées en 2020 sur 22 dépôts
335 tonnes de déchets ont ainsi pu êtres revalorisées
1000 agriculteurs-adhérents engagés dans le recyclage

Comprendre l’éco-contribution

Bon à savoir

L’éco-contribution sert à financer la collecte, le recyclage et la revalorisation des déchets. Cette contribution de l’acheteur, de l’ordre de quelques centimes d’euros, est intégralement versée aux éco-organismes comme A.D.I.VALOR, avant d’être redistribuée aux différents intervenants de la filière (collecteurs, transporteurs, recycleurs…). C’est à ce titre que la Coopérative touche, en moyenne, 6 000 à 7 000 € d’éco-contribution annuelle. Ce budget est entièrement consacré aux opérations de collecte : distribution de sacs aux agriculteurs, formation du personnel en dépôt, logistique, main-d’oeuvre…