Seigle : une solution pour les terres à faible potentiel

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16 août 2022

Souvent considéré comme une céréale secondaire, le seigle a pourtant plus d’un tour dans son sac. Zoom sur les atouts agronomiques et les débouchés de cette filière.

Le seigle est une céréale d’hiver intéressante pour diversifier son assolement. S’il est soumis aux mêmes bioagresseurs que le blé, l’orge et le triticale, ses sensibilités sont variables. Il est, par exemple, moins sensible au piétinverse. Doté d’un fort pouvoir couvrant, il participe à la lutte contre les adventices et nécessite 20 % d’azote en moins qu’un blé.

Cette culture économe en intrants s’avère idéale pour certains contextes à fort enjeu environnemental comme les bassins versants. Rustique, elle supporte également bien les sols froids, acides, pauvres et superficiels, et peut donc valoriser les terres à faible potentiel. Elle reste toutefois sensible à l’excès d’eau. Des essais menés par la Coopérative à Trébry (22) ont permis de comparer des micro-parcelles de seigle, de blé et de triticale.

Avec des rendements atteignant 81,6 q/ha en moyenne, le seigle a su tirer son épingle du jeu. Les micro-parcelles de seigle sont restées très propres là où le blé était envahi de liseron à la récolte. Un atout non négligeable pour la gestion des mauvaises herbes et qui se répercute par un taux plus faible d’impuretés dans le grain.

Plusieurs débouchés possibles

En nutrition animale, le seigle est principalement valorisé par les éleveurs bovins. Si sa qualité nutritionnelle est légèrement inférieure à celle du blé, sa production de paille est particulièrement intéressante à la fois en volume (8 à 10 t/ha contre 3 à 4 t/ha pour du blé) et en qualité. Cultivé en CIVES, le seigle peut également devenir un substrat intéressant en méthanisation.

Il dispose d’un fort potentiel méthanogène pouvant varier de 120 à 195 Nm3CH4/tMS selon récolte. En alimentation humaine, le seigle peut être valorisé en qualité meunière. Les principaux critères observés pour accéder à ce débouché de niche sont : la teneur en mycotoxines (dont les alcaloïdes de l’ergot), le taux de protéines, le poids spécifique du grain et le temps de chute de Hagberg.

Ce dernier se dégrade dès que le grain entame son processus de germination. Il est donc impacté par des conditions climatiques pluvieuses en période de récolte.