Décryptage : où va donc l’énergie ?

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16 février 2024

La facture énergétique pèse de plus en plus dans les comptabilités et impacte la rentabilité des élevages. Voici un rapide panorama des postes les plus gourmands.

Le bloc traite, poids lourd en atelier lait

Les consommations d’énergie en élevage laitier relèvent pour 60 % des énergies directes (électricité et carburant) et pour 40 % de l’énergie liée à la fabrication et au transport des aliments et engrais minéraux. Le carburant représente 34 % de la consommation, l’électricité 25 %. Produire 1 000 litres de lait mobilise 20 litres de GNR et 67 kWh, pour un coût global d’énergie directe de 24 euros/1000 l en 2021 (1). La hausse des tarifs depuis 2022 ne fait qu’alourdir la facture. Le bloc traite est responsable de 85 % des consommations d’électricité, soit 400 à 500 kWh/ vache/an. Le refroidissement du lait et la production d’eau chaude sont les postes les plus gourmands. « 22 Wh/l lait en moyenne pour le tank et 17 Wh/l pour le chauffe-eau, relate Jeanne Lichou du GIE Élevages Bretagne. Pour les 5,3 milliards de litres produits en Bretagne, cela équivaut à 206 GWh par an, soit la production d’un parc de 51 éoliennes. »

 

Le post-sevrage des porcelets consomme le plus

Selon l’étude Ademe 2006 (2), 75 % de l’énergie consommée en élevage naisseur-engraisseur est électrique. « C’est peut-être moins aujourd’hui, car les programmes d’aides ont permis aux éleveurs d’investir dans des équipements économes », modère Frédéric Kergoulay de la Chambre d’agriculture de Bretagne. La même étude chiffre la consommation énergétique à 983 kWh par truie présente par an et 48 kWh par porc engraissé. « Pour un élevage de 200 truies, la facture de 15 000 euros en 2007 est passée à 45 000 euros en 2023. » S’ajoutent la FAF et la station de traitement. « On est passé de 1,20 euro par tonne d’aliment et par m3 traité à 4 euros. » C’est le post-sevrage qui consomme le plus, suivi de l’engraissement et de la maternité. Le chauffage représente 81 % de la consommation d’énergie en maternité et 78 % en post-sevrage. En engraissement, c’est la ventilation qui pèse le plus avec 90 % des besoins d’énergie.

Gros besoins de chauffage en volaille

En élevage avicole, le premier poste de dépense énergétique concerne le chauffage des bâtiments. Les consommations de gaz sont élevées surtout en volaille de chair, en raison des températures ambiantes requises et des volumes d’air à chauffer au démarrage. « Certaines productions sont plus gourmandes que d’autres tout comme certains bâtiments selon leur configuration : ventilation, coque, isolation, étanchéité, âge », explique Gwenn Guillou de la Chambre d’agriculture de Bretagne. En poulet standard, la moyenne est de 6,8 kg de gaz/m²/an (2). « Aujourd’hui, on est plutôt à 7,2 kg car le mode d’élevage évolue avec le bien-être animal. » Quant à la consommation électrique, elle concerne surtout l’éclairage et la ventilation. La moyenne est à 15 kWh/m²/an avec là aussi de fortes disparités.  « Un bâtiment clair ou obscur, un éclairage standard ou LED, une ventilation statique ou dynamique, des équipements plus ou moins bien réglés expliquent les variations. »

(1) Source : Réseau Inosys de l’Ouest (Chambre d’agriculture et Idele), Consommations d’énergie dans les fermes laitières Inosys de l’Ouest – résultats observés en 2021-2022.

(2) Source : Dernière étude disponible “URE dans les bâtiments d’élevage, Ademe 2006”. L’actualisation des données est en cours, étude URE 2030.